Comment Twitter veut devenir un géant du Web

Twitter résultats financiers ipo En plus du mobile, qui représente 65% de ses revenus publicitaires et l'international, Twitter mise sur la social TV pour devenir l'égal des plus grands.

Twitter vient enfin de publier son document préalable à une introduction en Bourse. L'occasion d'en savoir davantage sur les résultats financiers d'une société qui aime, comme beaucoup de start-up, cultiver le mystère sur ses performances. Premier constat, le chiffre d'affaires, boosté par la forte croissance de son audience, Twitter a connu une hausse fulgurante, passant de 28,3 millions de dollars en 2010 à 316,9 millions de dollars en 2012. Le site de micro-blogging est en effet passé de 138 à 218 millions d'utilisateurs uniques mensuels, entre mars 2012 et juin 2013. Il reste toutefois encore très loin de Facebook et ses plus d'1 milliard d'utilisateurs.

L'autre raison de cette performance exceptionnelle est à mettre sur le compte du déploiement d'une offre publicitaire musclée. Les "promoted tweets" ont ainsi fait leur apparition dans la timeline de tous les utilisateurs en octobre 2011. Quelques mois plus tard, Twitter déclinait cette offre sur mobile. Surtout, le site de micro-blogging a lancé en avril 2013 une plateforme publicitaire en libre-service, Twitter Ads, sur laquelle les annonceurs peuvent cibler les utilisateurs du site sur la base de mots-clés, de leur localisation ou d'autres informations (lire l'article, Twitter ouvre sa plateforme publicitaire à l'ensemble du marché américain, du 02/05/2013).

Malgré cela, au 30 juin 2013, Twitter constatait une perte nette d'un peu plus de 69 millions de dollars. Soit presque autant que sur l'ensemble de l'année 2012 ! Et la société de prévenir que la croissance de ses revenus est amenée à ralentir. "Nous nous attendons à ce que celle-ci ralentisse à l'avenir sous l'effet combiné de plusieurs facteurs, parmi lesquels le ralentissement progressif de la croissance de notre base d'utilisateurs", explique Twitter dans son document.

Une perspective qui peut inquiéter les investisseurs, d'autant que les dépenses en matière de ressources humaines et R&D ont explosé ces dernières années. "Sur les seuls 6 premiers mois de l'année 2013, les frais de R&D ont augmenté de 65,5 millions de dollars par rapport à l'année précédente. La faute est, en quasi-totalité, imputable aux dépenses en ressources humaines." Et pour cause, entre le 1er janvier 2010 et le 30 juin 2013, le réseau social explique avoir recruté plus de 1 800 collaborateurs (la société compte 2 000 employés). Un nombre qui peut paraître élevé pour une société dont le produit se décline en 140 signes. 

Bientôt plus de 65% des revenus publicitaires sur mobile

Quelles perspectives de croissance pour le site de micro-blogging alors ? Le mobile et l'international principalement. Preuve que Facebook n'a pas le monopole de la monétisation mobile, Twitter révèle d'ailleurs que durant les trois mois qui ont précédé la date du 30 juin 2013, plus de 65% de ses revenus publicitaires provenaient des supports mobiles. Sur le même laps de temps, 75% de ces visiteurs uniques se sont connectés via un support mobile. Des ratios qui ne cessent de croître.

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Evolution de l'audience mobile de Twitter. © Twitter

Twitter reconnaît être arrivé à maturité sur le marché américain mais ne s'en émeut pas, préférant tabler sur un développement hors de son marché domestique. Ce sont déjà 25% de ses revenus qui provenaient de l'international au cours du 2nd trimestre 2013. La société connait d'ailleurs la plus forte croissance de son audience "sur des marchés tels que l'Argentine, la France, le Japon, la Russie, l'Arabie-Saoudite et l'Afrique du Sud". Et si elle avait d'aventure des velléités de croissance externe, elle dispose encore d'un solide matelas financier.

"Nous avons 375,1 millions de dollars de cash, dont 27,8 millions sont détenus par nos filiales étrangères." De quoi voir venir après avoir acquis en 2013 Crashlytics pour 40 millions de dollars et BluefinLabs pour 67,3 millions de dollars. Deux start-up qui doivent permettre à Twitter de préempter le créneau de la social TV. Un enjeu important alors que le multi-tasking est devenu la norme et que Facebook essaie lui aussi de se positionner sur ce segment publicitaire potentiellement lucratif.

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