Steve Chiang (Zynga) "Nos revenus publicitaires ont augmenté de 84% entre 2011 et 2012"

Le président de la division "Jeux" chez Zynga explique le repositionnement de la société et les facteurs de succès en matière de gaming mobile.

JDN. Se développer sur les jeux "mid-core" et le mobile est la priorité numéro 1 de Zynga, selon une récente déclaration de son fondateur,  Marc Pincus. Pourquoi ?

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Steve Chiang, président de la division Jeux de Zynga © S. de P. Zynga

Steve Chiang. Nous avons vu au cours de l'année dernière le mobile grimper dans les usages à une vitesse tout simplement époustouflante et porter la croissance de nombreux jeux freemium. Sur les 72 millions de joueurs actifs mensuels que compte notre communauté, une très grande majorité est aujourd'hui équipée d'un smartphone et accède à nos titres depuis son PC ou sur mobile, selon l'endroit où elle se trouve. C'est donc tout naturellement que nous allons prendre de plus en plus cet aspect en compte, qu'il s'agisse de réfléchir au "game play", au confort de jeu ou à la monétisation des contenus.

Par ailleurs, nous avons en effet un peu délaissé le "casual gaming" pour nous projeter sur des jeux aux mécaniques plus abouties et impactantes, appartennant à la catégorie "mid-core". Les acquisitions de November Software et A Bit Lucky procèdent de cette intention.

 

Justement, on a reproché à Zynga d'avoir voulu grandir trop vite et d'avoir mal digéré ses multiples acquisitions. Qu'en sera-t-il cette fois ?

Je peux vous assurer que ce ne sera pas le cas. Nous avons la chance d'accueillir des équipes qui sont dotées de compétences et de talents très précieux. Nous comptons leur permettre de garder leur culture d'entreprise, bien comprendre ce qui fait l'ADN de Zynga et réussir à travailler en communion avec nos bureaux et studios.

 

Qu'est ce qui fait, selon vous, le succès d'un jeu ? Quels sont les éléments à prendre en compte ?

J'en identifie plusieurs. Je dirais tout d'abord qu'il est important de trouver sa cible, ce qui implique un bon marketing de son offre et une segmentation de son audience. Aujourd'hui, la viralisation via les réseaux sociaux et le modèle "freemium" me semblent être le nouveau paradigme en matière de gaming. Le nombre de jeux qui ont bâti leur succès sur la plateforme de Facebook le montre bien. Je pense qu'il est aujourd'hui indispensable d'accoler une dimension communautaire à l'expérience de jeu. On prend par essence plus de plaisir à inviter et défier ses amis qu'à jouer tout seul. Sans compter que ce phénomène amplifie mécaniquement la caisse de résonnance du jeu. 

Entre les achats in-app et les revenus publicitaires, qu'est-ce qui vous procure le plus de revenus ?

Les revenus en provenance des achats in-app sont, à ce jour, supérieurs à ceux de la publicité. Mais ces derniers ne cessent d'augmenter et légitiment complètement le modèle freemium. Ils se sont établis à 137 millions de dollars pour l'année 2012, en hausse de 84% sur l'année et cela n'est pas prêt de s'arrêter. Au quatrième trimestre, la publicité a généré 36,8 millions de dollars de revenus, soit un gain de 19% par rapport au troisième trimestre de la même année. De ce point de vue nous sommes très satisfaits du développement de notre offre qui permet de proposer tout un éventail de solutions aux annonceurs, depuis les bannières displays traditionnelles jusqu'à des dispositifs beaucoup plus intégrés à l'expérience de jeu, à l'image de ce que nous avions fait pour l'assureur, Farmers Insurance, dans FarmVille.

 

Vos titres sont pour la plupart disponibles sur mobile et tablettes. Avez-vous observé des différences d'usages entre ces deux appareils ?

Tout à fait. Nous avons constaté que le mobile se prête beaucoup plus à des sessions de jeu très courtes, à l'occasion de temps morts, dans les transports par exemple. La tablette fait l'objet de sessions plus conséquentes, entre 20 et 30 minutes. Pour autant, en tant que société multiplateformes, nous voulons établir des passerelles entre les différents univers de jeu et faire en sorte que vous soyez sur PC, sur mobile ou sur tablette, l'expérience utilisateur reste la même. Cette dimension ubiquitaire est indispensable pour ne pas frustrer les joueurs en leur proposant des applications coupées les unes des autres.

 

 

Steve Chiang est président de la division "Jeux" chez Zynga où il a contribué au développement de Bubble Safari, ChefVille et FarmVille, participant également à l'implantation de nouveaux studios en Amérique du Nord. Cet ancien vice-présudent d'EA Sports, où il a passé 15 ans, a rejoint Zynga en 2010.


 

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