La e-santé, vaccin contre les maladies chroniques ?

Les maladies chroniques tuent plus que l'ensemble des autres causes de mortalité... réunies. Bonne nouvelle : la e-santé et les nouveaux services de santé connectée peuvent concrètement, lutter contre cette pandémie.

L’an dernier, les maladies chroniques ont tué plus de 38 millions de personnes dans le monde. C’est une incroyable pandémie : autant de décès, voir plus que la pandémie de la grippe espagnole en 1918. Et ce, tous les ans. 

Alors que la communauté scientifique se concentrait (avec raison et succès) sur les maladies infectieuses, les maladies chroniques que sont notamment les maladies cardio-vasculaires, les cancers et les diabètes ont vu leur taux de prévalence exploser : elles représentent en 2014 près de 70% des décès, plus que l’ensemble des autres causes … réunies. 

D’aucuns diront qu’il est logique que la charge de morbidité de ces maladies chroniques augmente, puisque celle des maladies infectieuses diminue - après tout, il faut bien mourir de quelque chose ! Oui, mais voilà : parallèlement, l’espérance de vie en bonne santé diminue. On vit plus vieux, mais plus malade. Vous n’y croyez pas ? Et pourtant.

L'impact humain et financier des maladies chroniques


Sur le plan financier, ces maladies chroniques ont un impact majeur sur des économies de santé à l’équilibre menacé. En France, sur les 150 millions de prestations nettes versées chaque année par la branche maladie de la Sécurité Sociale, près de 38 milliards sont imputables aux seules maladies cardiovasculaires, cancers et diabètes. Aux Etats Unis, les maladies cardio-vasculaires coûtent plus de 315 milliards de dollars chaque année. Les cancers, 157 milliards. 

Ces chiffres, tant humains que financiers, sont d’autant plus frappants que, selon l’OMS, près de 40% des décès mentionnés sont considérés comme prématurés, c’est à dire qu’ils auraient pu être évités (selon l’INSEE, la France a d’ailleurs l’un des plus hauts taux de mortalité prématurée de l’union européenne). Concrètement, près de 16 millions de personnes auraient pu être sauvées dans le monde l’an dernier - près de 135 000 en France. L’équivalent, d’une ville comme Besançon, ou Brest. 

Qu’on veuille ou non l’entendre, la science d’aujourd’hui décrypte très bien les facteurs de risques de ces maladies chroniques : l’OMS certifie ainsi que, si l’homme arrivait à marcher un peu plus, manger un peu mieux et fumait/buvait moins, le nombre de maladies cardio-vasculaires baisserait de 75% et celui des cancers, de 40%. 

Il n’est pas pour autant demandé d’avoir une vie d’esthète, ou de courir 3 fois par semaine non ! Il est simplement souligné ici le fait qu’en marchant plus de 30 minutes par jour, en réduisant l’apport du sucre et des mauvaises graisses dans l’alimentation et qu’en surveillant notre consommation d’alcool, notre espérance de vie augmente, et surtout, notre espérance de vie en bonne santé.

Et pourtant. Si l’on dépense des milliards à essayer de trouver des remèdes aux maladies déclarées, les sommes investies pour permettre à la population d’éviter ces maladies sont dérisoires, en comparaison. Soit. Je ne viens pas là reposer ce débat - pas mon rôle, mais celui des pouvoirs publics qui paient. Non, je viens introduire une nouvelle donnée à prendre en compte : la e-santé.

La e-santé redéfinit la prévention


Car les nouvelles technologies qui la composent - dans le domaine de l’’exploitation des données ou même, de la démocratisation des usages mobiles innovants - permettent enfin à chacun de prendre sa santé en main, de pouvoir surveiller l’apparition ou l’évolution d’un facteur de risque particulier. A son rythme, de manière adaptée à son profil, son comportement, ou même son contexte. 

Si les fameuses NBIC (nanotechnologies, biotechnologies, informatique et sciences cognitives) nous promettent à moyen terme la “mort de la mort” (Oui ! Nous vivrons bientôt beaucoup, beaucoup plus vieux, je suis d’accord avec vous Docteur Laurent Alexandre), les technologies existantes nous permettent, dès aujourd’hui, de bouleverser le rapport de chacun avec sa santé.
En analysant plus finement les comportements de chacun, en les corrélant (de manière anonyme) avec les comportements de ses semblables et ! en fournissant des accompagnements personnalisés, parfaitement adaptés, nous pouvons changer de paradigme : nous ne subirons plus notre santé, nous la maîtriserons. Nous aurons les clés pour passer d’une santé Palliative à ce que j’appelle la santé des 3 P : Préventive, Personnalisée et Prédictive. 

Les premiers services issus de cette réflexion sont déjà live, et l’engouement qu’ils suscitent - au delà de leur impact, est sans doute à la base de la future révolution digitale : après les réseaux sociaux pour prendre soin du monde qui nous entoure (Facebook), les réseaux de partage pour mieux profiter du monde qui nous entoure (airBnB), nous verrons éclore des services qui nous permettent de vivre mieux, nous autres humains. 

C’est ainsi que Omada Health, aux Etats-Unis, a déjà des dizaines de milliers d’utilisateurs (particuliers, et entreprises) au stade de pré-diabète payant plusieurs dizaines d’euros par mois pour éviter de basculer dans le diabète; que Kurbo Health propose des accompagnement spécifiques aux jeunes enfants obèses; et plus proche de nous (et de moi, puisque j’ai le plaisir de l’avoir créé), que Betterise aide chaque jour de plus en plus de personnes à vivre mieux, grâce à des accompagnement digitaux personnalisés. 

Bientôt, le jour viendra où il nous sera possible dès lors de fournir, à quiconque sur cette Terre possède un téléphone mobile une aide concrète, précise, pour l’aider à vivre mieux.
La santé digitale est un véritable vaccin contre les maladies chroniques : les enjeux financiers et humains sont tels que nous devons saisir cette chance, de rendre sa santé à chacun.

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