Intelligence artificielle : la France doit promouvoir ses robots et ses talents

Intelligence artificielle : la France doit promouvoir ses robots et ses talents Le site "France is AI" veut susciter les échanges et faire rayonner le savoir-faire français en matière d'intelligence artificielle. Il y a urgence, car les géants de la tech et les Asiatiques avancent vite.

Pour le lancement du prochain salon VivaTech, qui doit rassembler les start-up et la communauté tech à Paris en juin, François Hollande s'est prêté à une poignée de mains avec… le robot Leenby de Cyberdroïd. Tout un symbole. Et il y a quelques jours, c'est Bill Gates qui relançait le débat sur la future place du robot dans l'économie, en se prononçant pour une taxe sur ces machines au même niveau que les salariés qu'elles remplacent.

Mark Zuckerberg : "La France a une des plus fortes communautés de recherche dans l'intelligence artificielle"

Le sujet est désormais omniprésent dans les médias, tant il touche toutes les activités et entraîne des disruptions pour tous les métiers, à partir du seul produit de la matière grise de nos meilleurs scientifiques. Les géants américains de la tech, dont Google et Facebook, mais aussi les asiatiques (SoftBank/Rakuten et PriceMinister) l'ont bien compris et ont déjà pris une longueur d'avance en rachetant plusieurs start-up parmi les plus prometteuses dans ce domaine. Mais elles débauchent aussi nombre de talents étrangers, et notamment français, pour développer leur expertise. "La France a une des plus fortes communautés de recherche dans l'intelligence artificielle", a ainsi déclaré Mark Zuckerberg, le patron de Facebook qui a embauché le français Yann LeCun fin 2013 pour diriger son département dédié à l'intelligence artificielle. Basé à Menlo Park en Californie et à New York, ce dernier a également ouvert un laboratoire de recherche à Paris en 2015. De son côté, Google a racheté l'an passé la startup française Moodstocks et sa technologie de reconnaissance visuelle d'objets.

Tous ces exemples montrent à quel point la France est reconnue à l'étranger comme vivier de talents dans l'intelligence artificielle. "La France dispose de trois types d'atouts dans l'intelligence artificielle. D'une part, il s'agit essentiellement de mathématiques, matière dans laquelle les ingénieurs et chercheurs français excellent. Ensuite, un écosystème favorable qui concentre des écoles d'ingénieurs, des institutions publiques et de grandes entreprises. Et enfin, un cadre fiscal et réglementaire propice, avec le CIR (Crédit Impôt Recherche), la JEI (Jeune Entreprise Innovante) ou encore les financements de bpifrance qui permettent à de jeunes entrepreneurs de se lancer vite", explique Jean-David Bénichou, président de via.io et business angel actif. Ce dernier investit dans des projets de jeunes diplômés, et s'associe pour cela à des masters réputés comme le master MVA d'ENS Chachan, Polytechnique et Centrale.

Pourtant, le pays a pris du retard pour susciter l'émulation de cette communauté, et surtout défendre ses intérêts face à des groupes étrangers puissants et proactifs. C'est la raison pour laquelle les initiatives récentes sont importantes à souligner, que ce soit le projet "France AI" lancé par le gouvernement fin janvier ou encore le site "France is AI", une plateforme d'échanges mise en place par le fonds d'investissement Isaï pour dynamiser l'écosystème des entreprises françaises du secteur et les promouvoir à l'international. Paul Strachmann, venture partner chez Isaï à l'origine de l'initiative, a réalisé une cartographie des entreprises du secteur et organise un événement annuel de la communauté en septembre. "Il faut discuter des avantages et risques de ces nouvelles technologies, faire des constats et prendre les décisions qui s'imposent", analyse-t-il.

Le timing est particulièrement crucial à deux mois de l'élection présidentielle, car le sujet doit devenir une thématique de place publique. En parallèle, il est crucial d'encourager les initiatives locales (inviter des développeurs à collaborer à une librairie de machine learning pendant une semaine) ou encore de rayonner à l'étranger, à travers des partenariats avec des universités étrangères par exemple. "Il s'agit d'un enjeu de souveraineté nationale. Nos données personnelles sont détenues par des grandes entreprises tech étrangères. Or la France a les moyens d'éclore comme superpuissance internationale en matière d'intelligence artificielle", annonce Jean-David Bénichou.

Article originel publié sur WanSquare par Anne-Laure Peytavin le 22/02/2017.

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