Les pharmacies de plus en plus malades

Pharmacies selon Xerfi Affectées par les mesures d'économies de la Sécurité sociale, les officines sont aussi victimes d'une concurrence exacerbée.

Les pharmacies doivent faire face à de profondes modifications des conditions de marché sur le médicament, selon l'étude "La distribution pharmaceutique : quel avenir digital pour l'officine ?" publiée par Xerfi Precepta, partenaire du JDN.

La croissance du chiffre d'affaires, qui frôlait les 10% en 2003, est passée à 0,6% en 2013

Le secteur est d'abord touché de plein fouet par les mesures d'économies du gouvernement en matière de santé. "Le médicament à lui seul représente environ 35% des économies de l'assurance maladie annoncées pour 2014", rappelle Xerfi. Entre 2012 et 2014, ce sont 2,48 milliards d'euros de réduction de dépenses qui ont été inscrites dans les projets de loi de finances de la Sécurité sociale pour le seul poste médicaments. Et la tendance n'est pas prête de s'inverser : 3,6 milliards d'euros d'économies supplémentaires ont été annoncées pour les trois prochaines années. Il s'agit notamment de baisse de prix des médicaments sous brevets ou "d'optimisation" des tarifs de génériques.

Or, les pharmacies sont ultra-dépendantes des médicaments remboursables. Ces derniers représentent 75% de leur chiffre d'affaires, note Xerfi dans son étude. Les baisses de prix, les déremboursements et la montée en puissance des génériques (moins chers que les médicaments sous brevet) ont du coup entraîné une croissance quasi atone du CA des pharmacies ces dernières années. Alors que celle-ci frôlait encore les 10% en 2003, elle s'est effondrée à 0,6% en 2013, après une année de recul en 2012. Seule consolation : les officines sont parvenues tant bien que mal à conserver leur niveau de marge, de 8,4% en 2013.

chiffre affaires pharmacies
Le chiffre d'affaires des pharmacies n'a progressé que de 0,6% en 2013. © Graphique tiré de l'étude "La distribution pharmaceutique" de Xerfi - Precepta

Deuxième danger pour le secteur : l'intensification de la concurrence. Il y a d'abord "une saturation de l'offre sur certaines zones géographiques", avance Xerfi. La montée en puissance des enseignes (Pharmodel, Forum santé...) accentue également la pression sur les prix, d'autant plus que les grossistes répartiteurs répercutent leur baisse de marge sur leurs clients pharmaciens. 

De plus, l'autorisation de la vente sur Internet (celle-ci n'est autorisée que pour les médicaments hors prescription et uniquement adossée à une officine physique) et la sortie du monopole des tests de grossesse par exemple, tirent les prix à la baisse.

Heureusement, Xerfi liste aussi dans son étude toute une série de pistes pour permettre aux pharmacies de rebondir ces prochaines années : un nouveau mode de rémunération moins lié au prix des médicaments à partir de 2015, un fort potentiel de développement du marché de l'automédication et des objets connectés santé ou encore la valorisation de savoir-faire spécifiques, comme l'accompagnement et suivi des patients chroniques.


L'étude "La distribution pharmaceutique" est publiée par Xerfi, éditeur indépendant d'études économiques sectorielles.

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