Le tableau de bord prospectif : Cinq étapes pour réussir votre stratégie !

Si 90% des entreprises ont une stratégie, seulement 10% réussissent à la mettre en place. C’est le constat fait en 1992 par deux gourous du management Robert S. Kaplan et David Norton en observant les entreprises aux Etats Unis. Ils ont alors créé un outil de management pour aider les sociétés à mieux déployer, gérer et suivre la mise en place de leur stratégie: le tableau de bord prospectif - équilibré (Balanced Score Card ou BSC en anglais).

Dimension humaine

L’intérêt du tableau de bord prospectif, c’est qu’il s’attache non seulement aux résultats financiers, mais également aux personnes qui contribuent à ces résultats, et ce, afin que les organisations déploie une stratégie équilibré, efficace et performante sur le moyen et long terme. En effet, la difficulté dans la mise en place d’une stratégie réside dans le fait de pouvoir la traduire en plan d’action et ce afin d’impliquer tous les membres de l’entreprise. Le très célébrissime Carlos Ghosn, qui avait mis en place son fameux plan d’action chez Nissan, avait réussi à définir une stratégie claire et précise. Il a formé des équipes transversales (cross fonctional teams) composées de personnes issues de différents départements et travaillant en commun comme une équipe multidisciplinaire. A partir de ces équipes, il a réussi à déployer la stratégie en un temps record, car au bout d’un an il avait déjà obtenu des résultats !

 Quatre piliers équilibrés

L’avantage du tableau de bord prospectif c’est qu’il est basé sur 4 perspectives ou axes: 1- financier, 2- client, 3- processus interne, 4- apprentissage et développement. Si on développe une stratégie basée sur ces axes, on est sûr de développer une stratégie ne négligeant aucun élément de l’entreprise, et de plus on s’assure le succès de la mise en place de la tactique. La formation des employés est nécessaire (axe 4: apprentissage et développement), car elle permet d’augmenter leur compétence. Ceci se reflète par conséquent sur le processus interne (axe 3) par l’amélioration de la productivité, l’optimisation du temps, la réduction des coûts… Les répercussions positives se font alors sentir sur la satisfaction des clients (axe 2) qui deviennent alors plus fidèles et qui augmentent en nombre. Ceci se répercute subséquemment sur le pilier financier (axe 1) et se traduit par l’augmentation du chiffre d’affaires. Cette méthode est également appelée tableau de bord équilibré, car elle donne la même importance aux quatre axes. Si jamais l’un des axes est déficient, cela va se faire sentir sur tout le reste. C’est une méthode qui insiste beaucoup sur l’individu, car à partir de là on aura un retour sur investissement dans l’axe financier et cela va dans le sens de tous les principes de management. Certains programmes informatiques, notamment les plus connus mondialement, à savoir : Oracle et SAP, ont intégré dans leur module le tableau de bord prospectif ou le BSC.

 Cinq étapes pour une stratégie performante

Pour  la mise en place d’une stratégie efficace et performante, cinq étapes fondamentales sont nécessaire, à savoir :

1 - Définir la vision: où se voit l’entreprise dans l’avenir, dans 10, 15 ou 20 ans? A titre d’exemple, Bill Gates, l’ex PDG de Microsoft, avait pours vision: «One PC in every house».

2 - Définir la mission, c’est la raison d’être de l’entreprise. Pourquoi existe-t-elle? Par exemple, pour apporter des solutions en informatique.

3 - Définir les valeurs, des principes communs qu’on aime véhiculer dans l’entreprise: honnêteté, intégrité, professionnalisme, c’est la culture d’entreprise. La direction de l’entreprise doit les communiquer à ces employés afin de partager avec eux les mêmes valeurs. Les employés qui ne s’y retrouvent pas dans ces valeurs que l’entreprise véhicule auront le plus grand mal à y faire carrière. 

4 - L’analyse SWOT (Strength, Weaknesses, Opportunities and Threats):

S et W : analyse les forces et les faiblesses dans l’environnement interne de l’entreprise.

O et T : analyse les opportunités et les risques dans l’environnement externe de l’entreprise. Les risques peuvent relever d’un aspect économique, politique, juridique, social, etc.

5 - Définir les objectifs stratégiques (projection sur 3 à 5 ans) basé sur les 4 axes et en harmonie avec la mission et la vision de l’entreprise. Les objectifs stratégiques  sont ensuite traduits en plans d’action annuels qui seront le point de départ pour la mise en place de la stratégie.

 Objectifs réalisables

Le véritable travail commence à partir de la cinquième et dernière étape: il faut définir des indicateurs de performances pour mesurer l’efficacité de la mise en place de la stratégie et l’atteinte des objectifs. Exemple d’un objectif: améliorer la compétence de mon personnel, ma cible est 50% des employés de la production doivent passer du niveau B (ouvrier) au niveau A (superviseur). Mon indicateur c’est le pourcentage de superviseurs au sein du département de production. Un indicateur doit être spécifique, mesurable, réalisable, réaliste et limité dans le temps. Ces indicateurs vont constituer le tableau de bord de la direction à travers lequel elle détecte les difficultés, le besoin d’allouer d’autres ressources, de revoir complètement sa stratégie, etc.

La difficulté réside dans le fait de mettre en place des objectifs stratégiques non réalisables ou de vouloir aller vite en oubliant d’impliquer tous les niveaux hiérarchiques ou bien d’omettre  de mettre en place un plan de communication interne permettant à l’entreprise de mieux aborder et gérer les changements.

En effet, Une fois la stratégie et les objectifs décidés par le top management, il est important d’impliquer tous les niveaux hiérarchiques de l’entreprise, car l’échange des informations se fait à double sens, de la direction aux employés et vice versa. Surtout la collecte des infos pour rectifier le tir se fait de la base de la pyramide vers le sommet !

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