Le streaming musical va t-il enterrer le téléchargement ?

Après la mort annoncée des supports physiques musicaux type CD, assistera-t-on à la mort du téléchargement ? Selon ne étude de Nielsen SoundScan les ventes de musique en ligne par téléchargement auraient baissé de 11 % entre le 1er semestre 2013 et 2014 alors que les revenus du streaming augmentaient de 42 % sur la même période.

Si le streaming est déjà devenu la source principale d'écoute de chansons avec des sites comme Spotify, Deezer ou Youtube, il devrait bientôt le devenir en terme de revenus générés. Des revenus encore faibles mais en augmentation constante où les offres payantes prennent le pas sur le tout gratuit.

Le streaming prend l'ascendant sur le téléchargement

Entre le 1er janvier et le 29 juin 2014, 121 millions d'albums ont été téléchargés contre 142 millions au premier semestre 2013 selon l'étude Nielsen. Sur la même période, 70,3 milliards de flux musicaux ont été écoutés contre 49,5 sur les service en streaming qui n'incluent pas les webradio type iRadio ou Pandora. Une nette montée en puissance du streaming qui n'a pas échappé aux majors du Web qui ont lancé coup sur coup leur plateforme : Apple a racheté au courant du mois de mai Beats, suivi par Amazon en juin qui a lancé son service Prime Music et Google a racheté début juillet le service Songza.
Cette chute du téléchargement musical devrait aussi redessiner les rapports de force des acteurs du marché et pourrait profiter à l'industrie de la création, producteurs et artistes, qui peut espérer une meilleure répartition de la valeur tiré des revenus des ventes numériques. L'effondrement des téléchargements pourrait aussi bénéficier à la lutte contre le téléchargement illégal, qui est de facto affecté.

Les revenus du streaming s'améliorent

Si les offres de streaming ont pendant longtemps reposé sur le tout gratuit en proposant des offres d'écoute illimité sur l'ensemble du catalogue musicale sur des plateformes comme Spotify ou Deezer, les offres payantes attirent de plus en plus d'abonnés. Ces offres premium génèrent logiquement de meilleures revenus, aussi bien pour les sites de streaming que pour l'industrie musicale. L'étude Nielsen a analysé les montants générés par le streaming en comparaison avec le téléchargement et les ventes sur support physique. Un album physique vendu génère 7,5 $ : il faut 10 téléchargements pour atteindre cette somme. En streaming il fallait 2 000 lectures pour atteindre cette somme en 2013 alors qu'il n'en faut plus que 1 500 pour atteindre cette somme cette année. Un revenu moyen par chanson écouté en streaming qui a ainsi fait un bond de 0,00375 $ à 0,005 $.
Des revenus générés qui devraient compenser, au moins en partie, la perte de revenus sur supports physiques et téléchargement.
Une augmentation des revenus du streaming directement corrélée à la hausse du nombre d'abonnés des offres premium de Spotify ou Deezer. La plateforme suédoise compte désormais plus de dix millions d'abonnés payants (offres premium) alors qu'elle n'en comptait que six millions en mars 2013 et trois millions en mars 2012. Même croissance chez Deezer qui comptabilisait cinq millions d'abonnés en novembre 2013 contre seulement deux millions l'année précédente.

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