Louis Dreyfus : "le groupe Le Monde sera rentable en 2015"

Louis Dreyfus Le Monde Le président du directoire du groupe Le Monde, Louis Dreyfus, était l'invité de l'émission "Les Décideurs du Net", présentée par le JDN et Décideurs TV, ce jeudi à 12h30.

Le président du directoire du groupe Le Monde, Louis Dreyfus, était l'invité de l'émission "Les Décideurs du Net", présentée par le JDN et Décideurs TV, ce jeudi à 12h30. Il venait s'exprimer sur l'actuelle réorganisation de son groupe pour accélérer sur le numérique. Parmi les sujets brûlants, le plan de mobilité qui prévoit le passage sur la rédaction numérique d'une trentaine de postes. "Nous avons besoin de dégager des ressources du papier, activité mature, pour les allouer au Web", a-t-il justifié. Nulle question de précarisation du métier, justifie Louis Dreyfus. Ancien du Web, le directeur de la rédaction, Jérôme Fenoglio, a "toutes les compétences pour mener à bien le projet, lui qui chapeaute les deux rédactions". Fin 2014, les deux sociétés seront d'ailleurs fusionnées, a annoncé Louis Dreyfus. 

50% des 145 000 abonnés sont exclusivement Web

Le groupe va perdre près de 2 millions d'euros en 2014. "C'est imputable à l'activité d'imprimerie que nous voulons fermer et dont les pertes s'établissent à près de 4 millions d'euros", précise Louis Dreyfus. En 2015, la rentabilité devrait donc être acquise pour la marque le Monde. Le Web, dont il s'agit d'élargir l'assiette se porte bien. "Sur les 145 000 abonnés payants que compte l'offre numérique, 50% sont exclusifs au Web", se félicite-t-il. La diffusion du papier reste quant à elle stable. "La question de la mort annoncée du papier ne se posera pas avant un bon moment", précise le patron du Monde, confessant réfléchir également aux moyens de cerner les usages des moins de 15 ans, lecteurs de demain. Quel équilibre aujourd'hui entre le Web et le papier ? "Tous les matins, la rédaction en chef arbitre entre les différents tempos, explique Louis Dreyfus. On commence à maîtriser le cycle de l'information virale, depuis l'alerte mobile jusqu'à la publication sur les réseaux sociaux tout en privilégiant les contenus payants".

"J'attends que Nonce Paolini nous recontacte au sujet du rachat de LCI"

Interrogé sur la proposition de rachat de LCI, Louis Dreyfus rappelle qu'aujourd'hui "le coeur de l'information numérique est audiovisuel". Le savoir-faire de LCI en la matière reste donc précieux pour le groupe."Nous garderions la chaîne payante, respectant la décision du CSA, et développerions de nouveaux formats numériques", explique-t-il. Problème, le patron de TF1, Nonce Paolini, s'est montré jusque-là fermé à toute discussion. Peut-être le sursis accordé récemment par le Conseil d'Etat lui donnera-t-il le temps de reconsidérer l'offre. Louis Dreyfus déclare en tout cas "attendre un signe de sa part".

Le Nouvel Obs, LCI... le Monde n'est-il intéressé que par des acteurs de la presse traditionnelle ? "Sur le Web, les niveaux de valorisation sont souvent excessifs", explqiue-t-il, comparant le montant dépensé par le Monde pour racheter le Nouvel Obs et celui dépensé par Webedia pour Allociné, plus de 10 fois supérieur. Le Monde reste toutefois ouvert à une opération de croissance externe sur le Web, "si elle reste cohérente avec notre positionnement".

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