Suivi des performances IT : Datadog peut-il faire de l'ombre à New Relic ?

Suivi des performances IT : Datadog peut-il faire de l'ombre à New Relic ? Avec sa solution permettant de surveiller et d'analyser la performance des serveurs et des applications, Datadog vient un peu marcher sur les plates-bandes de New Relic...

Les deux technologies peuvent être comparées. Même si elles n'ont pas exactement le même positionnement, Datadog et New Relic permettent de faire remonter de nombreuses statistiques sur la performance des serveurs et applications. Les deux fonctionnent en mode SaaS, et parfois, l'une est citée comme une alternative possible à l'autre. Mais quelques particularités importantes les distinguent.

Deux histoires et deux stades de développement différents

New Relic s'est fait connaître pour ses outils d'APM (pour Application Performance Management). Fondée en 2008, et entrée en bourse en fin d'année dernière après avoir déjà levé 175 millions de dollars, New Relic commence à être bien connu, et peut difficilement encore se faire passer pour une start-up, même si ses derniers résultats continuent de révéler une belle croissance (près de 70% d'augmentation du chiffre d'affaires en un an).

Basée à New York, Datadog a été fondée par deux Français

De son côté, Datadog est plus jeune. Fondée en 2010, l'entreprise a levé 31 millions de dollars en ce début d'année, portant à 53,4 millions la somme levée depuis sa création. Basée à New York, on retrouve à sa tête deux Français, centraliens, qui l'ont cofondée : Alexis Lê-Quôc et Olivier Pomel, ce dernier étant un des auteurs du fameux logiciel VLC. Leur entreprise compte quelque 80 salariés, loin des 534 employés qu'annonçait New Relic il y a quelques mois. Le chiffre d'affaires annuel estimé de Datadog se situe actuellement aux alentours de 5 millions de dollars, là aussi, bien loin des 100 millions de dollars réalisés par New Relic sur les douze derniers mois.

Pas tout à fait le même positionnement

Désormais bien identifié parmi les leaders de l'APM, New Relic cherche à étendre son offre. L'entreprise se présente en effet désormais comme un éditeur de solutions "analytics" plus vastes, s'intéressant à de nouvelles données, comme celles liées au comportement de l'utilisateur ou à la conversion. Son offre, à l'origine limitée à un seul produit, se compose d'ailleurs aujourd'hui de plusieurs briques, permettant par exemple de surveiller la performance des apps mobiles (offre "New Relic Mobile", voir ci-dessous), des sites ou des apps Web ("Relic Browser"), ou encore des serveurs ("New Relic Servers"). Un écosystème de plugins permet aussi d'élargir la surveillance. Or c'est justement sur ce dernier point que Datadog a tout misé depuis le début.

new relic pour app mobile key performance data
Capture d'écran de l'offre "New Relic Mobile". © Capture

Datadog fonctionne en effet un peu différemment. Surveillant avant tout l'infrastructure, la solution de Datadog a pour but de rassembler des données issues de sources disparates (serveurs, bases de données, applications ou services) en un seul endroit, au sein de tableaux de bord préconfigurés ou personnalisables. Datadog affiche donc de nombreuses intégrations, puisque c'est la base même de son outil.

Concrètement, par exemple, le support d'Amazon Web Services (AWS), Microsoft Azure, Google Cloud Platform, et OpenStack lui permet de surveiller des applications fonctionnant sur ces clouds. Bien d'autres intégrations sont possibles (ElasticSearch, GitHub, Hadoop...). Même les données de New Relic peuvent être intégrées. 

Autre caractéristique : basé sur plusieurs technologies open source (D3, Apache, Cassandra, PostgreSQL...), Datadog utilise un agent lui aussi open source, écrit en Python, pour recueillir les métriques et événements. A noter, enfin, Datadog permet de partager et commenter des événements via un flux d'activités qui ressemble à celui de Facebook (voir ci-dessous).

res sociaux datadog small
Datadog permet de capturer un graphique puis de le commenter. © Capture

Quelques critiques

Dans son dernier Magic Quadrant classant les solutions d'APM, le Gartner apprécie particulièrement "la facilité d'usage et d'implémentation" de New Relic. Mais le cabinet reproche à l'éditeur de s'être trop focalisé sur les petites entreprises. Il explique aussi qu'il aurait aimé de meilleures intégrations entre les produits maison.

D'autres utilisateurs ont aussi formulé un reproche à New Relic qui va dans le même sens : un client évoquant les plugins de New Relic parle d'"expérience décousue". Un autre utilisateur qui a pu tester les deux outils fustige aussi les plugins de New Relic "dont la fiabilité et les fonctions sont à améliorer", et ne cache pas avoir eu une bien meilleure expérience avec l'intégration réalisée par Datadog. Dans son billet comparant les deux outils, cet utilisateur a aussi estimé que Datadog supportait mieux les métriques personnalisées. Mais, admet-il, concernant la pure surveillance des performances d'application, New Relic reste "loin devant" Datadog, ce dernier demeurant néanmoins recommandé à ceux qui souhaitent se limiter à la surveillance de l'infrastructure. "Mais, il est aussi possible d'utiliser les deux outils", conclut-il, montrant ainsi que les deux solutions peuvent être complémentaires.

Datadog face à New Relic
SolutionDatadog New Relic
Source : JDN
Date de création20102008
Prix des offres "Standard"15$/mois/hôteAPM : 149$/mois/hôte. Mobile : 29$ /mois/app. Browser : 99$/mois
Rétention des données (offre Standard)1 anIllimité
Offre gratuiteOui. Jusqu'à 5 hôtes, et avec des données retenues 1 journée Oui. Données retenues 1 journée
Clients affichésAirBnB, Adobe, Twitter , Microsoft, Nike, Groupon, NBC, Sony, Intuit, Fox, Walmart, Comcast, Time Warner Cable, Citrix, BestBuy, TangoIntel, Facebook, EA, Salesforce, Stanford University, Citrix, ZenDesk, Lonely Planet, careerbuilder, AdRolL, Pagerduty, IGN
IntégrationsUne centaine d'outils et services cités100 plugins
Points fortsBon support des métriques personnalisées. Possibilité de partager et commenter rapidement des rapports avec son équipe. Intégration efficace d'une centaine de services bien connusUne avance concernant l'APM pur (considéré parmi les leaders de ce secteur par les cabinets IDC et Gartner)
Santé financière53,4 millions de dollars levés, dont 31 millions en janvier 2015Entrée en bourse réussie fin 2014. Un résultat net toujours négatif, avec un chiffre d'affaires annuel qui devrait dépasser cette année les 100 millions de dollars
Nombre de salariés80 Plus de 500

Serveurs