Les secrets techniques de la plateforme de bots de 20 Minutes

Les secrets techniques de la plateforme de bots de 20 Minutes Après avoir lancé ses premiers bots éditoriaux, notamment à l'occasion de l'élection présidentielle et des législatives, le quotidien gratuit se dote d'une infrastructure dédiée, multicanale.

C'est en mai 2016 que 20 Minutes inaugure son tout premier bot éditorial. Baptisé 20Bot, il permet aux lecteurs du quotidien, via Messenger, d'accéder à des sélections d'articles en saisissant des thèmes d'actualité mais aussi de s'abonner à l'horoscope ou aux Unes du journal poussées chaque jour sous forme de carrousel. "Facebook venait d'ouvrir l'API de Messenger pour créer des chatbots. Nous avons immédiatement décidé de lancer ce premier projet. L'idée étant de commencer petit, dans une logique 'test and learn'", explique Winoc Coppens, DSI de 20 Minutes. "Notre gestion de projets agile, en mode Scrum, et notre infrastructure à base d'APIs, nous ont permis d'aller très vite." En moins de trois semaines, le bot est mis sur pied par un lead développeur interne.

4 000 questions traitées chaque jour

20Bot, le premier agent conversationnel lancé par 20 Minutes (sur Messenger), pousse désormais 80 000 messages quotidiennement. © 20 minutes / capture

Cette toute première expérience est jugée concluante. Fin 2016, le bot envoie déjà plusieurs dizaines de milliers de notifications quotidiennement. "Désormais, il atteint quelque 80 000 pushs et traite 4 000 questions d'utilisateurs chaque jour", précise Winoc  Coppens.

Début 2017, 20 Minutes décide de passer à la vitesse supérieure. Objectif du journal ? Se doter d'une plateforme pour industrialiser la publication de bots éditoriaux, que ce soit sur Messenger ou sur d'autres canaux (site web, apps mobiles, Twitter, Alexa...). Et ce n'est pas tout : le quotidien entend équiper le nouvel environnement de capacités de machine learning en vue de personnaliser les réponses apportées aux lecteurs, en fonction de leur historique d'interactions, de consultations, de leurs centres d'intérêt.

20 Minutes profite de la migration de son infrastructure web (jusqu'ici hébergée sur un cloud privé) vers Amazon Web Services (AWS) pour déployer son environnement de bots. Ce dernier sera donc lui-aussi opéré sur AWS. Quant à l'interface conversationnelle sous-jacente, elle fera appel au moteur d'auto-apprentissage API.AI pour analyser les interactions et personnaliser les réponses. "Comparé à d'autres produits comme Recast ou Watson d'IBM, API.AI offre un bon compromis. C'est un outil à la fois productif pour les développeurs et agnostique en termes de canaux de diffusion. Le rachat de cette technologie par Google contribue aussi à la crédibiliser", souligne le DSI de 20 Minutes.

La migration de 20Bot vers la nouvelle stack devrait être achevée d'ici la fin septembre 2017. Pour l'occasion, une première couche de personnalisation, "très simple", sera ajoutée au bot. Elle permettra au lecteur de s'abonner au carrousel de Unes tout en excluant certains thèmes qui ne l'intéressent pas (le sport ou la politique par exemple).

Scénariser l'information

Parallèlement à ce vaste chantier, 20 minutes a poursuivi ses expérimentations sur le terrain. Dans l'intervalle, le journal a lancé deux autres agents conversationnels. L'un à l'occasion de l'élection présidentielle (Présibot), le second pour les législatives (Légibot). Développés avec l'aide de la société de services Clustaar, ils permettaient aux lecteurs du site de 20 Minutes d'accéder aux pages web des résultats dans leur commune, à partir d'un nom de ville ou d'un code postal. "La couche conversationnelle de ces chatbots a été créée et enrichie manuellement (par correspondance de requêtes-réponses, ndlr), en fonction des questions posées au fur et à mesure. Avec API.AI, nous souhaitons désormais automatiser cette tâche", ajoute Winoc  Coppens. Quel bilan ? Sur les deux tours de la présidentielle, Présibot a totalisé plus de 1,4 million de messages échangés, et touché plus de 125 000 utilisateurs.

Capture d'écran de Légibot, le bot éditorial de 20 Minutes lancé à l'occasion des élections législatives 2017. © JDN / Capture

20 Minutes s'est également rapproché de BeSport, un chatbot dédié au sport, en vue d'en tester la technologie. Sa particularité ? Il est dessiné pour scénariser l'information, en poussant des fils d'actualités thématiques avec, systématiquement, une demande de feedback au lecteur - en lui proposant des réponses à choix multiples ("Dis m'en plus sur ce sujet" ou "Parle-moi d'autres choses"). Une approche potentiellement intéressante pour enrichir l'IA du système conversationnel dans l'optique de personnaliser plus finement les contenus poussés. "Nous verrons si les utilisateurs adhérent à cette logique avant, pourquoi pas, d'envisager sa mise en œuvre aux côtés d'API.AI", conclut Winoc  Coppens.

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