Il est 23 heures et vous êtes allongé dans le noir, les yeux grands ouverts. Votre corps est épuisé, mais votre cerveau refuse de coopérer. Si cette scène vous parle, sachez que vous n'êtes pas seul. Loin de là. Selon l'Institut national du sommeil et de la vigilance, 43% des Français souffrent d'au moins un trouble du sommeil. Un quart des Français dorment moins de six heures par nuit et 26% sont somnolents en journée. Les conséquences dépassent la simple fatigue matinale. Le manque de sommeil chronique affecte la mémoire, la créativité, les relations sociales, le système immunitaire et même le poids.

Pourtant, il existe un conseil d'une simplicité déconcertante pour transformer ses nuits. Un conseil que nos grands-mères appliquaient sans le savoir, bien avant que la science ne vienne le confirmer. Fabien Olicard n'est pas médecin. Il est mentaliste, auteur à succès et conférencier, connu pour sa capacité à vulgariser les mécanismes du cerveau. Mais quand il a demandé à des centaines de personnes ce qu'elles feraient avec une heure de plus dans leur journée, la réponse l'a sidéré. "Neuf fois sur dix, la réponse était la même : dormir", raconte-t-il. C'est cette prise de conscience qui l'a poussé à écrire "Bien dormir, c'est possible même pour vous !", dans lequel il décortique des centaines d'études scientifiques récentes pour proposer des solutions concrètes.

Et le conseil ultime qu'il place au-dessus de tous les autres tient en une seule phrase : "Se coucher et se lever vers la même heure, tous les jours, même le week-end". C'est la régularité. Pas un gadget à 300 euros, pas une application miracle, pas un complément alimentaire. Juste la constance. "Je sais que c'est probablement une des choses les plus difficiles à mettre en place dans notre société moderne. Pour autant, c'est aussi l'une des plus efficaces", assume-t-il dans son ouvrage.

Le corps humain possède une horloge biologique interne qui orchestre la température corporelle, la production d'hormones, la vigilance et la digestion. Cette horloge adore la routine et déteste l'imprévisibilité. Et le pire ennemi de cette horloge porte un nom que les chercheurs ont inventé : le jet-lag social. Ce décalage horaire que vous vous infligez chaque week-end en vous levant trois heures plus tard que la semaine. "Pour votre corps, vous avez pris un avion pour traverser trois fuseaux horaires vers l'ouest", explique Fabien Olicard. 

La règle est limpide : ne jamais varier de plus de trente minutes ses heures de coucher et de lever, même le samedi et le dimanche. "C'est une variation que votre horloge interne peut absorber sans se dérégler complètement. C'est assez pour vous donner un sentiment de liberté, mais pas assez pour créer un décalage horaire social", précise-t-il.