Axelle Lemaire (secrétaire d'État au Numérique) "L'enseignement du code en primaire peut passer par le périscolaire"

De passage à l'Ecole d'informatique 42 lors du Concours du meilleur développeur de France, la secrétaire d'État au Numérique nous a confié quelques mots.

JDN. Où en sont vos travaux quant à l'introduction du numérique dans les programmes de l'Education Nationale et de l'Enseignement supérieur ?

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Axelle Lemaire est secrétaire d'État au Numérique. © Nolan Montella / JDN

Axelle Lemaire. Nous y réfléchissons. Mais c'est un chantier qui n'est pas simple. Il implique en effet de mobiliser plusieurs ministères. D'abord, il faut travailler avec Benoit Hamon pour l'Éducation nationale, l'Enseignement Supérieur et la Recherche. Mais aussi avec François Rebsamen, le ministre du Travail, de l'Emploi et du Dialogue social. Nous avons notamment commencé à aborder la question des cycles courts qui, comme ce qui est proposé ici par l'Ecole 42, peut être une réponse intéressante aux besoins du secteur numérique.


Le numérique est-il présent dans le projet de Benoit Hamon ?

D'abord, c'est un projet fort pour la refonte de l'école. En France, nous avons la chance de disposer d'un système d'éducation gratuit, laïque et obligatoire. Mais avec un problème : ce système reproduit les déterminismes sociaux, ce qui donne l'impression d'une école de l'échec et pas de la réussite. C'est ce que nous devons changer. 

"L'idée est de dynamiser le numérique dans tous les secteurs d'activité"

Le Conseil national de l'éducation qui est organisé en ce moment a pour but de plancher sur la question, et de repenser les programmes en plaçant l'élève au centre. Ce conseil regroupe aussi des enseignants. Son objectif est donc aussi de faire en sorte qu'ils s'approprient la problématique de l'enseignement numérique, et ne la voient pas comme un projet qui serait contre eux, comme cela pouvait être le cas auparavant.

Dans le cadre de la réintroduction de l'enseignement des professeurs d'école, qui avait été supprimé par la droite, nous avons aussi mis en place un programme réservé aux outils numériques.

Êtes-vous favorable à l'introduction d'un apprentissage du code dès l'école primaire ?

Oui. L'idée serait de s'appuyer sur un dispositif périscolaire pour essayer d'aller vite. C'est un dispositif en effet plus léger, et donc potentiellement plus rapide à mettre en place, que de s'attaquer au programme. Je pense notamment que nous pourrions impliquer les associations, voire même des entreprises qui seraient prêtes à soutenir et financer ses enseignements. Les forces vives sont déjà là. Pour moi, un tel projet a plus de chance de s'imposer en partant ainsi de la base, en bottom-up, qu'en top-down.

Au-delà de la question de l'enseignement et de la formation, avec quels autres ministères avez-vous commencé à travailler sur la question du numérique ?

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Axelle Lemaire nous a accordé cette interview lors du Concours du meilleur développeur de France, à l'Ecole 42, le 15 mai 2014. © Nolan Montella / JDN

A la demande du président de la République, j'ai fait une intervention avant-hier devant tous les ministres du gouvernement pour les sensibiliser à la question de l'urgence numérique. Des chantiers ont été lancés, notamment la transformation numérique de l'Etat qui demande à être accélérée. Mais aujourd'hui, l'idée est d'aller beaucoup loin, et de dynamiser le numérique dans tous les secteurs d'activité : santé, industrie, services, éducation... C'est là mon rôle. Je dois pour cela faire preuve d'imagination. Je peux me qualifier d'ailleurs de ce point de vue comme une secrétaire d'Etat à l'imagination.

Pour faire comprendre aux ministres l'importance de ce défi, je me demande d'ailleurs même si le Concours du meilleur développeur de France ne pourrait pas être organisé à l'Elysée. Rencontrer des jeunes développeurs, comprendre leur passion, les écouter, serait en effet, je pense, un très bon moyen pour les membres du gouvernement de saisir la révolution qui est en train d'avoir lieu, et son potentiel pour la France.

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