Le dilemme des DSI : le "make or buy" ?

Le "make or buy" est au cœur des arbitrages des DSI tant dans les pays développés comme les pays africains. Faut-il faire soi-même ou plutôt acheter une solution prête à l’emploi ayant déjà fait ses preuves ?

La prime au premier entrant n’est pas ce qu’elle était ! Traditionnellement, le premier entrant bénéficiait d’un double avantage commercial, d’une part, et en termes de supports notamment pour les systèmes d’information déployés en premier, d’autre part. Cependant, un véritable changement de paradigme se produit avec  le dilemme du « make or buy ». Faut-il faire soi-même ou plutôt acheter une solution prête à l’emploi ayant déjà fait ses  preuves ?  Si le dilemme n’est pas nouveau, il prend  à présent une dimension jamais vu et les CIO sont aux cœur de ses réflexions.

Les systèmes d’information s’inscrivent à présent plus que jamais dans la réflexion du "make or buy". De plus en plus souples, de plus en plus industrialisées, les différentes briques SI se prêtent de plus en plus à cette approche. Le développement d’outils et de technologies permettant cette souplesse, au premier rang desquels les infrastructures cloud, facilitent l’appropriation de systèmes achetés « sur étagère ». Dans le cadre des institutions africaines (entreprises comme gouvernement) la question requiert une analyse stratégique pour les directeurs des systèmes d’informations.

L’analyse réalisée par le CIO doit intégrer certes le comparatif budgétaire entre le « make » et le « buy » mais surtout elle doit comprendre les impacts en termes d’activité. D’un côté, l’achat d’une solution ayant fait ses preuves peut s’inscrire dans une péréquation  économique pertinente où le gain de temps voire l’agilité sera un élément structurant d’appréciation. Si la question concerne le système d’information lié au client (en boutique, le « CRM », etc.) le fait de bénéficier d’une solution ayant fait ses preuves dans des contextes similaires de marché est un facteur de succès. Quand le système d’information constitue « l’usine de production » (c’est le cas dans le secteur bancaire ou télécoms notamment) la question sera plus prégnante que dans les secteurs où le SI est un juste un support de gestion (RH, comptabilité, gestion, etc.).
De l’autre côté, il faut expliquer aux autres décisionnaires (et ensuite à leur équipe) qu’une solution achetée sera peut-être, à budget sous contrôle, moins adaptable et donc qu’il faudra faire des arbitrages. Cette question est clé car elle peut être génératrice à termes d’incompréhension et de regrets sur tel ou tel choix. 

La question du « make or buy » posera celle aussi des équipes en internes et d’un éventuel transfert de compétence qu’il faudra intégrer. Toute chose égale par ailleurs, la possibilité de pouvoir se poser la question est aujourd’hui une opportunité notamment pour les entreprises africaines. C’est un moyen réel et factuel de pouvoir rattraper un retard en termes technologiques et de bénéficier plus rapidement des bons systèmes d’information sans passer par les retards, dérapages budgétaires qu’ont connu les pays européens ou américains dans les années 1990/2000. C’est une opportunité réelle pour le continent de bénéficier d’un effet d’accélérateur.

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