Connecter une infrastructure intelligente

Au vu des prévisions estimant le nombre d'équipements connectés à 50 milliards en 2020, la vision d'un monde interconnecté sur le modèle machine-to-machine (M2M) devient une réalité.

Cette nouvelle donne présente des défis uniques pour les fabricants de tous les secteurs souhaitant commercialiser de tels équipements connectés.
Les possibilités d’exploitation de l’intelligence temps réel des machines distantes semblent infinies. Qu'il soit question de gestion de services de santé mobile et de l'énergie, de produits grand public ou d'infodivertissement automobile, les produits déployés doivent être sophistiqués et intelligents, et proposer des fonctionnalités de connectivité, de gestion et de sécurité intégrées.

À elle seule, la connectivité pose un grand nombre de défis

Pour qu'un équipement soit connecté, il doit être configuré ; et une fois connecté, il doit faire l'objet d'une gestion afin de le superviser à distance, d'associer les logiciels existants avec de nouveaux, d'effectuer des mises à jour et d'appliquer des correctifs lorsque nécessaire. Cependant, ces défis comportent également des opportunités : les entreprises peuvent ainsi utiliser ces données pour augmenter leur efficacité, réduire leurs coûts opérationnels et leur impact sur l'environnement, améliorer le niveau de satisfaction de leurs clients et générer de nouvelles sources de revenus.

Gestion d'équipements médicaux

Dans le secteur des équipements médicaux, par exemple, la réalité du commerce entraîne la nécessité d'une connectivité sans cesse plus importante. La complexité de la gestion de la connectivité provoque d'effroyables maux de tête aux fabricants. Ce problème est aggravé par la croissance rapide de ce même secteur de la santé au cours des dix dernières années.

Il y a aujourd'hui trop d'appareils, conçus par trop d'entreprises différentes, utilisant trop de normes concurrentes et déployés dans trop d'hôpitaux et de cliniques, ce qui rend toute tentative d'interconnexion cohérente quasiment impossible. En conséquence, plusieurs fabricants produisent des équipements similaires en respectant des normes différentes, et ces appareils ne peuvent pas communiquer entre eux, se connecter ou partager des données. Ils génèrent par ailleurs des coûts et une complexité supplémentaires, et affaiblissent la qualité des soins apportés aux patients au lieu de l'améliorer.

Par ailleurs, les équipements doivent intégrer et pouvoir échanger des données avec d'autres appareils ou systèmes de supervision au sein de réseaux faisant l'objet d'une gestion centralisée. Livrer une connectivité de base ne suffit pas à répondre à cette problématique : l'interopérabilité permet également de dépasser les limites en matière de communication, de maîtriser les coûts et de garantir la conformité avec les normes et exigences en matière de sûreté et de sécurité. L'interopérabilité est nécessaire pour garantir les meilleurs résultats possible. Les équipements doivent donc pouvoir s'adapter à l'interopérabilité des normes valable dans les hôpitaux et à domicile afin de permettre des workflows optimaux.

Tirer parti des réseaux d'entreprise

Un autre défi de taille en matière de connectivité réside dans la volonté de connecter les équipements embarqués aux mêmes réseaux que l'entreprise. Historiquement, les équipements embarqués, bien que connectés, reposaient sur des protocoles propriétaires et des réseaux dédiés. Un mur se dressait entre les réseaux des infrastructures critiques et ceux des entreprises. Cependant, en raison de l'omniprésence de l'Ethernet, on cherche désormais à tirer parti de toute l'expertise engrangée ces 20 dernières années en déployant des réseaux d'entreprise à usage commercial, et à l'appliquer à nos systèmes embarqués. Les gains de productivité pouvant être obtenus en tirant parti de la même infrastructure pour recueillir des données, les analyser, et gérer et mettre à jour nos équipements sont considérables. Cependant, cela entraîne l'exposition de nos équipements embarqués à des menaces auxquelles ces derniers n'avaient jamais eu à faire face auparavant, et auxquelles ils ne sont d'ailleurs probablement pas en mesure de répondre de la même façon que les infrastructures d'entreprise.

Le contrôle des transports en commun

Dans le secteur des transports en commun, qu'il s'agisse des réseaux de transport longue distance européens, des trains légers de banlieue aux États-Unis ou des monorails sans pilotes transportant les voyageurs à toute allure entre les aéroports, les réseaux ferroviaires modernes reposent sur des technologies de plus en plus complexes d'automatisation et de connectivité dans le cloud.
Les véhicules ferroviaires sont devenus des centres d'information connectés.
Les passagers peuvent s'en rendre compte grâce aux écrans d'information et aux messages annonçant les « prochains arrêts », et, dans certains cas, grâce à la présence d'équipements tels que le Wi-Fi. La connectivité rend ainsi le temps passé dans les transports en commun plus agréable ou productif.

La même technologie permettant aux passagers de savoir qu'ils sont proches de leur arrêt permet également aux opérateurs de savoir exactement où se trouve un train et s'il fonctionne bien. Les systèmes PTC (Positive Train Control) de commande intégrale des trains permettent aux véhicules de « connaître » leur position par rapport à l'ensemble des trains de leur réseau avec la précision d'un GPS. La communication M2M, gérée de façon centralisée dans une architecture de cloud computing, permet aux opérateurs d'utiliser les équipements, les voies et les stations avec plus d'efficacité, tout en réduisant considérablement les risques de collisions accidentelles.

La sécurité et la connectivité doivent aller de pair. Les systèmes reposant de plus en plus sur une connectivité sans fil, ils deviennent également plus vulnérables au piratage. Les conséquences peuvent être énormes. Dans beaucoup de secteurs, une simple perturbation peut avoir de graves répercussions.
Dans le secteur des transports en commun, par exemple, les trains gagnent sans arrêt en puissance et transportent de plus en plus de passagers de plus en plus rapidement.
Un train circulant à plus de 300 kilomètres par heure s'appuie fortement sur ses fonctionnalités d'automatisation et de connectivité, car les conducteurs humains ne peuvent pas prendre toutes les décisions nécessaires à une telle vitesse. En cas de protection inadéquate, ces systèmes, essentiels à un bon fonctionnement, peuvent être mis hors d'état par un simple appareil électronique, un téléphone mobile ou un petit morceau de code malveillant téléchargé sur Internet.
La prévention des pannes a toujours été un élément clé de la conception des équipements destinés à l'industrie des transports, ainsi qu'à d'autres industries reposant sur des infrastructures critiques. Aujourd'hui, les ingénieurs doivent également assurer une protection contre les intrusions et les modifications au sein des systèmes. Qu'elle soit délibérée ou accidentelle, une intrusion peut dans le meilleur des cas perturber un service, et au pire, provoquer un accident grave, voire mortel.

Une infrastructure connectée plus intelligente

La complexité et la multiplicité des équipements intelligents devant être en mesure de se connecter de façon transparente et de fournir des informations stratégiques rendent les systèmes critiques vulnérables au sabotage par des hackers et des logiciels malveillants. Les opérateurs de systèmes, les ingénieurs, les régulateurs et les financeurs sont parfaitement conscients du fait que les infrastructures critiques doivent adopter une approche complète et efficace réunissant la connectivité, la capacité de gestion et la sécurité afin de pouvoir aller de l'avant.

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