Le cloud tuera-t-il les paris sportifs ?

La puissance de calcul disponible sur le Cloud va rendre fort ennuyeuse toute activité dont l'issue est conditionnée par les probabilités.

Grâce au Cloud, chacun peut potentiellement accéder à une phénoménale puissance de calcul et la payer à l’usage. Autant dire que la puissance de calcul est devenue, pour un usage ponctuel, une ressource très bon marché.
Cette puissance étant virtuellement infinie, il est probable que toute activité reposant sur un nombre fini de combinaison ne devienne rapidement fort ennuyeuse. Il en va ainsi par exemple, de la plupart des jeux de société déplaçant des pions dans un espace défini ou des jeux de cartes.
De même, toute activité dont l’issue est statistiquement prévisible perdra beaucoup de son attrait.
L’accès libre à des données historiques sur des périodes très longues et le traitement rapide de ces dernières garantiront un niveau de fiabilité proche de 100 %. Les paris sportifs seront certainement les premiers à en faire les frais compte tenu des enjeux financiers.
Mais les loisirs  ne seront pas les seuls à devoir contrer cette puissance de calcul pour survivre.
Tous les dispositifs de sécurité reposant sur des associations de lettres, de chiffres et même de signes  sont désormais crackables. Les probabilités ne seront bientôt plus d’aucun secours pour la sécurité.
Quelques réactionnaires objecteront que nos journées ne comptent toujours que 24 heures et qu’il faut bien un peu de temps pour programmer les calculs et  interpréter les résultats.
Sans doute, mais c’est oublier que, partagé sur un réseau social, le temps, lui aussi devient infini.
Nos esprits cartésiens n’ont jamais été très à l’aise avec la notion d’infini. Il faut admettre que l’idée qu’une part d’un tout puisse être plus grande que ce qui la contient n’est pas un concept facile à manier.
L’avènement du Cloud nous renvoie à nos effrois ancestraux : la peur de l’infini et d'une puissance incontrôlable.

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