Quelles sont les spécificités d'une migration du SI vers le Cloud privé ?

Selon une étude récente, réalisée par IDC auprès de 126 sociétés dans les secteurs public et privé et dans les principaux secteurs d'activité de l'économie française, 63% des entreprises ont d’ores et déjà recours au Cloud.

C’est le Cloud privé qui arrive en tête des projets réalisés par les DSI fin 2013, 53 % des responsables informatiques de l'étude ayant recours au Cloud privé, contre 21 % au Cloud public et 10 % au Cloud hybride.

Comment expliquer cette tendance ?

Des avantages par rapport au Data center classique et au Cloud public
Lorsqu'il est bien conçu, le Cloud offre des avantages stratégiques à l'entreprise, en redirigeant les ressources du simple maintien de la situation existante jusqu'à la véritable innovation. C'est la seule approche qui :
  • exploite pleinement les investissements et infrastructures informatiques existants, en diminuant les coûts d’acquisition du matériel, des licences logicielles et les coûts associés aux personnels/administrateurs;
  • s'étend sur des serveurs physiques, des plateformes de virtualisation multiples et permet l’ouverture vers le Cloud public ainsi que l’appropriation de services Cloud public en interne;
  • facilite la portabilité des applications et la gestion du cycle de vie de ces applications dans des infrastructures hétérogènes;
  • diminue le temps de déploiement, facilite l’exploitation, offre des nouvelles solutions de continuité d’activité.
La transition vers une architecture informatique ouverte de nouvelle génération permet aux DSI de simplifier les architectures informatiques de leur entreprise et de tirer le meilleur parti des investissements existants. Le Cloud déployé en mode « privé » vient rassurer les entreprises sur le thème de la confidentialité, de la sécurité et de la réversibilité, qui sont les obstacles majeurs à l’utilisation du Cloud public.

Caractéristiques et points d’attention

Le Cloud privé apporte des changements importants dans l’organisation et les rôles de la DSI ainsi que sur sa gestion financière.
Les services informatiques se retrouvent en effet dans l’obligation de changer la vision qu'ils ont de leur rôle, étant donné qu'ils passent du statut de gestionnaire de la maintenance de serveurs à celui de fournisseur de services internes.
Cette tendance présente de nombreux bénéfices et génère des opportunités pour la DSI. Elle se positionne encore plus comme partenaire du Business qui doit être impliqué dans la spécification des services.
Le Business Case ne doit pas se baser uniquement sur une réduction de coûts, mais aussi sur des enjeux Business tels que le – « Time to Market », et « l’agilité ». L’industrialisation des méthodes de mise en œuvre des infrastructures et des plateformes apportent un changement d’échelle de temps : de quelques semaines à quelques mois dans les grandes entreprises à quelques dizaines de minutes !
Du point de vue de l’IT, une plateforme de type IaaS/PaaS possède des prérequis imposant que la trajectoire vers le Cloud privé passe, dans l’ordre, par les paliers suivants :
  • La consolidation des infrastructures, la standardisation des architectures et des technologies;
  • La virtualisation de l’infrastructure et du réseau;
  • L’automatisation (implémentation des outils d’orchestration et d’automatisation des processus);
  • La construction du Cloud privé – offre de services IaaS et PaaS.
Le Cloud constitue donc une opportunité pour accélérer la transformation des infrastructures vers de l’automatisation et de la standardisation, par un pilotage et un contrôle renforcés des infrastructures (reporting, gestion de la capacité) et par une maîtrise des coûts infrastructures (passer à des unités de (re) facturation métiers plutôt que l'utilisation de clés de répartition, peu représentatives de l’usage).

Une méthodologie indépendante et efficace qui permet d’optimiser cette migration

Sur la base de ces observations, Devoteam Recherche & Innovation a ainsi conçu une méthodologie de mise en œuvre de Cloud privé qui prend en compte toutes ces spécificités. Elle est utilisable et utilisée pour accompagner les clients dans la migration de leur SI interne vers un Cloud privé.
Elle est basée sur des retours d’expérience et capitalise sur les référentiels reconnus du Cloud Computing élaborés par NIST et CSA, ainsi que sur les travaux d’autres organismes tels que le CIGREF ou le Gartner. Elle est générique et indépendante des solutions technologiques. Comme toute méthodologie, elle est constituée d’une démarche, basée sur des cas d’usage, d’un formalisme et d’outils spécifiques qui en facilitent l’utilisation.

La méthodologie de construction du Cloud privé est ainsi structurée autour de 5 phases

  1. Étude du Champ d’Application;
  2. Conception de la solution;
  3. Construction de la solution;
  4. Implémentation;
  5. Gestion des évolutions.
Chaque phase prend en compte et décline les différents aspects du Cloud privé, issus de son architecture spécifique et de sa mise en œuvre : les services (catalogue et portail), les processus IT, l’organisation de la DSI, l’architecture, la sécurité, les interfaces avec les outils existants et la migration des applications.
Le véritable point de départ est l’analyse des cas d’usage pour le Cloud privé afin de déterminer un modèle de Services.
Il s’agit de répondre aux questions :
  • Qui a besoin de quoi ?
  • Pourquoi faire ?
  • Quels services seront consommés ?
  • Qui les consommera ?
  • Pour quels niveaux de service ?
  • Quelle volumétrie ?
L’étude du champ d’application s’attache donc à définir les cas d’utilisation ciblés par la solution Cloud privé et le catalogue de services associés, avec ses exigences d’exploitabilité et de sécurité. Cela permet de délimiter le périmètre de la solution à mettre en œuvre et d’identifier ses composants. L’analyse de la maturité des infrastructures, des plateformes et des outils existants vient compléter l’étude préalable et permet une première estimation du budget et des ressources requises pour le projet.
Dans cette phase on identifie également les impacts majeurs sur l’organisation (nouveaux rôles et responsabilités des acteurs DSI) et sur les processus IT.
Les phases de Conception et de Construction de la solution visent ensuite à définir la cible et à planifier la mise en œuvre. Elles sont structurées autour des sujets suivants :
  • Conception et mise en œuvre du Catalogue de services et du Portail self-service (fonctions, ergonomie, fédération, facturation);
  • Revue des processus impactés (par exemple : la mise en production, la gestion des capacités, la gestion financière, la gestion des configurations, etc.) et du plan de leur déploiement;
  • Identification de l’impact organisationnel (nouvelles activités et nouveaux rôles) et plan de conduite du changement;
  • Définition de l’architecture technique et mise en œuvre des composants techniques, ainsi que de l’architecture fonctionnelle et du paramétrage de la solution de Cloud management;
  • Définition et mise en œuvre des interfaces avec les outils existants (supervision, sauvegarde, ordonnancement, ITSM);
  • Définition des procédures de migration des  applications sur les infrastructures et plateformes Cloud.
L’implémentation de la solution traite quant à elle de l'exécution et de la gestion des activités de déploiement initialement prévues, telles que définis au cours de l'étape de Construction de la solution.
Ses 4 sous-étapes sont :
  • Transfert des connaissances vers les utilisateurs, selon les rôles définis dans la nouvelle organisation Cloud, via des communications interne, formations, etc.;
  • Bascule en production de la solution;
  • Bascule des applications sur les infrastructures/plateformes Cloud;
  • Actions de conduite du changement.
La dernière phase de la méthodologie, la Gestion des évolutions, décrit pour sa part le service qui permet de maintenir en condition opérationnelle la solution et de la faire évoluer en fonction de l’utilisation et des nouveaux besoins.
Ces activités récurrentes sont liées au maintien en condition opérationnelle et à l’évolution de l’infrastructure et de l’outillage de « Cloud management » auxquelles viennent s’ajouter : la gestion des capacités, l’évolution du catalogue de services et des images d’infrastructure ainsi que les plateformes associées.
La méthodologie représente une aide efficace pour les équipes qui sont impliquées dans un projet de migration vers le Cloud privé. Elle rassure les utilisateurs et leur permet de se lancer plus sereinement dans un projet qui engendre de nombreux changements, avec des impacts à tous les niveaux et des risques potentiels.
On commence souvent avec un modèle de Cloud privé déployé sur des environnements de test et de développement, en minimisant les intégrations avec le SI existant. On peut accélérer la phase de transition en adoptant des solutions packagées (type "converged infrastructure").
Au final, on estime à une période de 3 à 6 mois une démarche rapide de passage du « legacy IT » au « Cloud-in-the-box », contre 18 mois pour une approche progressive vers le Cloud.
 

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