L'externalisation en Afrique : enfin une réalité...

2014 serait, selon l'Information Services Group, la meilleure année de la décennie sur le marché de l’outsourcing dans la région EMEA. En effet, le recours à l’externalisation d’activités de services internes s’amplifie de nos jours.

La mondialisation et le développement des nouvelles technologies ont contribué à l’amélioration de l’attractivité de nombreux pays pour les entreprises internationales. En effet, dans un contexte économique mondial plutôt tendu, l’outsourcing apparaît comme LA solution pour obtenir des économies d’échelle et donc réduire les coûts. Mais s’il y a quelques années, les opportunités d’externalisation reposaient principalement sur le faible coût de la main d’œuvre, aujourd’hui, elles reposent sur des atouts spécifiques tels que : la différenciation des offres de services, les risques et le potentiel de marché, les compétences, l’environnement, la qualité des infrastructures, des affinités culturelles et linguistiques, etc. Sûre de ses atouts, l’Afrique souhaite tirer son épingle du jeu et part à la conquête de ce marché florissant.

L’Outsourcing : marché prometteur et vecteur de développement

Les avancées technologiques de l’information et de la télécommunication, associées à une main d’œuvre qualifiée et à moindre coût, font du continent noir le nouvel eldorado pour externaliser certaines activités. Si l’Asie reste l’une des principales zones géographiques pour outsourcer, ce marché arrivera bientôt à saturation. Pour l’Afrique, il s’agit d’une opportunité réelle, car même si l’attrait principal reste sa main d’œuvre peu chère, on constate que certains pays attirent des activités haut de gamme, principalement dans la R&D.

En effet, certains analystes considèrent que l’externalisation des TIC est un marché dynamique sur le continent noir et cela se traduit par d’importants projets d’infrastructures. L’Afrique s’érige ainsi comme LA nouvelle plateforme de l’outsourcing face à des pays déjà leaders dans le secteur tels que l’Inde, la Chine, etc. L’externalisation des processus métiers (logiciels, expertise métiers, etc) est une tendance de fond que les pays africains souhaitent capter car, pour eux, les bénéfices sont nombreux : hausse des investissements directs étrangers ; lutte contre le chômage des jeunes ; positionnement sur l’échiquier mondial de l’exportation des services ; etc. Ainsi loin d’être déjà un marché mature, l’Afrique possède tous les atouts pour séduire les multinationales tant sur le plan infrastructurel que sur les offres dédiées.

Des états aux rôles clés dans le développement des activités d’outsourcing

Des pays tels que l’Afrique du Sud, le Maroc, la Tunisie, le Kenya, le Sénégal ou encore le Bénin, ont d’ailleurs compris l’importance d’entreprendre des réformes structurelles et sociales profondes afin de se positionner comme fournisseurs de choix pour les donneurs d’ordres internationaux. Pour répondre à certains standards mondiaux et attirer les capitaux internationaux, des investissements notables ont été constatés et réalisés : progrès des TIC ; main d’œuvre qualifiée, abondante et jeune ; investissements continus dans l’amélioration des infrastructures (transports, immobiliers, énergie) et du climat des affaires.

Les autorités marocaines ont d’ailleurs été les premières à comprendre les enjeux de l’outsourcing. Elles ont su tirer profit de leur proximité géographique avec le vieux continent et ont fait de l’externalisation et du secteur IT, un fer de lance de leur politique industrielle.  En 2013 déjà, le pays servait 18 pays en 8 langues et souhaitait se renforcer « dans six secteurs stratégiques dont l’outsourcing et les services partagés[1]». Désormais, le Maroc jouit d’une attractivité très forte auprès d’entreprises françaises et internationales et fait figure d’exemple sur le continent.

D’autres pays, comme le Congo, amorcent également un processus dans leur modernisation et leur  industrialisation. Le Congo vient notamment de créer l’Agence pour la Promotion des Investissements (API), organisme chargé de dynamiser le tissu économique et encourager l’esprit d’entreprise à travers des mesures d’incitation pour faciliter les investissements. Fort de ce nouvel « acteur », le pays souhaite améliorer son attractivité auprès des investisseurs internationaux. A cet effet, un salon dédié à l’outsourcing en Afrique devrait avoir lieu à Brazzaville, preuve si besoin, que les dirigeants ont enfin décidé de prendre le train en marche.

Face au considérable potentiel inexploité, les dirigeants africains sont confiants quant aux perspectives de croissance de leurs économies dans les prochaines années et n’hésitent pas à investir pour enfin doper leur croissance. Enfin dirons-nous…

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