Les tendances clés et les pistes de modernisation des réseaux d'entreprise

Les administrateurs réseaux subissent souvent de grosses pressions de la part des autres services de l’entreprise, particulièrement au sein des grands groupes dont la direction a pour objectif d’améliorer l’expérience utilisateurs et d’accroître l’efficacité opérationnelle.

Les réseaux traditionnels sont souvent à l’origine des problèmes rencontrés par les administrateurs réseaux. Les architectures réseaux obsolètes augmentent le risque d’attaque, tandis que les mauvaises performances dues à des équipements vieillissants limitent le champ des options d’administration envisageables.

Historiquement, l’absence de nouvelles technologies innovantes disponibles sur le marché a contraint les entreprises à s’accommoder des performances non optimales de leurs réseaux. C’est ce qui explique l’engouement pour les efforts d’innovation à base de standards ouverts, où les composants matériels et logiciels sont découplés et l’utilisation de logiciels Open Source est source d’une flexibilité supplémentaire. Si de nombreuses entreprises explorent ces options pour trouver des solutions à leurs problèmes de réseau, l’adoption des réseaux SDN et de la virtualisation pour rendre les réseaux plus intelligents et plus rapides, demeure toujours très lente.

Les premiers signes de disruption sont désormais bien établis dans le secteur des réseaux d’entreprise avec des entreprises qui optent visiblement pour l’automatisation, mais ce n’est pas suffisant. Contrairement aux grands groupes, de nombreuses petites entreprises peinent à mettre en œuvre ces nouvelles technologies, en raison notamment du coût prohibitif des solutions réseau disponibles.

Selon un Livre Blanc d’IDC et de Dell (intitulé ‘Networks That Deliver Change’), les décideurs au sein des petites structures ont tendance à ne considérer les dépenses IT que comme un centre de coût sans mesurer leur importance stratégique. Ce positionnement a un impact important sur l’adoption des nouvelles technologies, avec jusqu’à 34% des dirigeants d’entreprise qui attendent que les solutions aient fait leurs preuves sur le marché avant de se décider à démarrer un projet d’implémentation. Alors que la virtualisation est bien établie pour les applications métier courantes, le réseau est en retard derrière les autres activités. 

Selon IDC, cela n’est pas le seul problème. Le cabinet identifie un enjeu majeur lié au manque de compréhension, d’expertise autour de l’implémentation et de l’administration des réseaux SDN au sein des environnements d’entreprise. L’étude révèle en effet qu’une entreprise sur cinq a une expérience pratique des réseaux SDN et que 1% de celles-ci utilisent ce type de plateforme de façon intensive. Il s’agit d’une indication sur un constat lié à la pénurie de personnes qualifiées et certifiées dans les entreprises capables d’administrer les infrastructures réseau récentes, ce qui vient encore freiner l’adoption des nouvelles technologies. Les entreprises risquent donc de passer à côté d’avantages stratégiques offerts par les nouvelles solutions réseaux, ce qui aura probablement des répercussions sur leur capacité à améliorer nettement leurs résultats et les mettra en difficulté face à une concurrence accrue.

Cependant, de nombreuses entreprises pallient au nombre insuffisant d’ingénieurs qualifiés en virtualisation en favorisant un partage des compétences entre divisions de l’équipe IT, serveurs stockage et réseaux. L’étude montre qu’une part importante des entreprises continue de séparer les équipes d’administration réseau de celles dédiées aux serveurs et au stockage qui ont pourtant une expérience plus grande des projets d’implémentation et d’administration de la virtualisation. En rapprochant les équipes en charge des réseaux et celles des opérations, il est possible d’accroître l’expertise et les compétences d’administration de chaque département, et de compenser le défaut de certification spécifique de l’équipe en charge des réseaux. Si les entreprises peuvent s’attaquer elles-mêmes au problème en abandonnant leur approche « en silos », il reste l’obstacle, selon IDC, de l’utilisation d’outils d’administration fragmentés et de pratiques opérationnelles indépendantes.

L’étude démontre que seulement 3% des participants utilisent des suites d’administration des services intégrées de bout-en-bout pour leur infrastructure IT, leurs réseaux DC et de campus. Ce constat explique qu’elles ne parviennent pas à automatiser leur administration des réseaux ce qui crée de nouveaux obstacles pour les ingénieurs réseaux et les professionnels IT.

Les fournisseurs ont un rôle à jouer. Ce n’est qu’en collaborant avec leurs partenaires et leurs clients qu’ils optimiseront les capacités des réseaux d’entreprise. En proposant des services avancés et en encourageant l’administration intégrée des systèmes, ils pourront accélérer l’adoption de technologies réseaux de pointe, favorisant ainsi l’automatisation et la mise en place d’une infrastructure réseau réellement tournée vers l’avenir.

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