Être ou ne pas être BIM ?

La modélisation des données du bâtiment permet de réunir architectes, maîtres d’œuvre et autres acteurs du BTP autour d’une même maquette numérique du projet en cours de construction.

Désormais le BIM (pour Building Information Modeling ou Modélisation des données du bâtiment)  est en passe de devenir incontournable. En effet son utilisation est désormais obligatoire dans les marchés publics. Pourtant le dernier baromètre effectué en janvier 2017 par KPMG sur le BIM démontre le manque de préparation des artisans et PME du bâtiment sur ce sujet. Seuls 10% des structures de plus de 10 salariés ont adopté ou sont en train d’adopter le BIM, et ce chiffre tombe à 4% pour les plus petites structures.

Ce constat peu encourageant ne traduirait-il pas un manque de compréhension parmi les acteurs du secteur ? En effet, plus qu’une simple technologie, le BIM est une véritable méthode. Pour assurer le succès d’un projet de construction, différents éléments doivent être pris en compte : la technologie, les règles, les processus, le développement des qualifications des participants et le rôle du manager BIM.

En premier lieu, la technologie, sans laquelle il est impossible d’avoir recours à la méthodologie du BIM, comprend notamment un logiciel auteur tel que Revit, ArchCad et Allplan, ainsi qu’un Environnement de Données Commun (EDC ou Common Data Environment en anglais). Le deuxième élément, qui vient s’ajouter à la technologie, est celui des règles de collaboration : les normes nationales ou spécifiques à l’entreprise, les contrats ou encore les types d'organisations sont utiles et nécessaires à la mise en œuvre du BIM, pour définir le cadre régissant les interactions entre les différents acteurs impliqués. Cela permet d’éviter erreurs et incompréhension. Le troisième élément consiste à définir les processus dans le respect des demandes d’informations et des exigences du client. En quatrième lieu, le développement des qualifications des participants est également d’une importance majeure, car il leur permet de travailler de manière optimale avec les méthodes et technologies fournies. Le cinquième et dernier élément est le nouveau rôle endossé par le manager BIM sur les projets. Celui-ci doit en effet pouvoir conseiller de manière exhaustive les personnes impliquées, tant en amont du projet que pendant l’exécution.

Le respect de ces cinq points est donc indispensable pour assurer de bons débuts avec la méthode BIM.

En France, les logiciels de modélisation sont utilisés depuis une dizaine d’années pour l’élaboration de maquettes 3D. Ils sont parfois désignés, à tort, par l’abréviation BIM : pourtant, le BIM, en tant qu’outil de collaboration en temps réel avec les différents acteurs d’un chantier, est plus qu’un logiciel de simple modélisation. De nombreuses études, dont celle de McGrawhill en 2014, et celle réalisée par CONJECT en 2015, se sont penchées sur les avantages du BIM. Les principaux bénéfices identifiés sont que les erreurs et la répétition des tâches peuvent être évitées, ce qui constitue un vrai gain de temps et de fiabilité.

Mais c’est avec l’EDC que le BIM peut être exploité de la meilleure façon. L’EDC est la plateforme sur laquelle tous les processus d’information, de planification, de construction et d’exploitation sont échangés et dont la fiabilité est vérifiée. Cet outil permet aux acteurs d’un projet de construction d’échanger non plus des plans et documents mais bien des données sous la forme de modèles de gestion de données réelles. Grâce à un concept d’administration des droits déterminé, chaque participant reçoit un accès correspondant à ses obligations contractuelles spécifiques. L’environnement d’un EDC, basé sur le cloud, est disponible en permanence et hautement certifié, et ne nécessite aucune installation ni aucun matériel. Il est conforme aux exigences de sécurité et de protection des données nationales et internationales, et se démarque des plateformes de données traditionnelles tant par ses fonctionnalités que par les perspectives qu’il offre.

Si aujourd’hui, près de 90 % des participants à un projet de construction n’ont qu’un accès limité voire inexistant aux informations nécessaires, un EDC peut leur permettre de travailler facilement avec les formats de tous les éditeurs. Les spécialisations et métiers sont très divers dans le secteur de la construction aujourd’hui, chacun travaillant depuis toujours avec des outils spécifiques. Le fait que certains formats d’éditeurs soient fermés ou limités affecte la collaboration et limite fortement les possibilités offertes par le BIM et l’EDC. C’est en cela que les formats openBIM, tels que l’IFC (Industry Foundation Classes) et le BCF (BIM Collaboration Format) sont très importants, car ils permettent une collaboration optimale entre tous les participants.

Des pays comme la Finlande, la Norvège ou le Royaume-Uni montrent la voie sur ces sujets depuis de nombreuses années en favorisant l’interopérabilité. Maintenant que le BIM est devenu obligatoire pour les marchés publics en France, il s’agit de prendre exemple sur ces meilleures pratiques pour ne pas se retrouver isolé sur le plan international. C’est ce qu’entreprennent déjà depuis plusieurs années certains acteurs du secteur, qui proposent des solutions d’EDC et ont développé une forte expertise sur ces problématiques.

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