Facebook, Twitter et LinkedIn débarquent dans les intranets

Les intranets commencent à intégrer des fonctionnalités en provenance des grand réseaux sociaux. Aux côtés des processus collaboratifs, les dispositifs de filtrage de contenu se multiplient également. Tout comme les apps mobiles.

Le cabinet de conseil américain Nielsen Norman Group publie son indice 2013 sur les tendance en matière d'intranet au niveau mondial. Il se base sur une sélection de dix projets considérés comme à l'état de l'art. Des chantiers portés à la fois par des PME et des grands groupes internationaux comptant plus de 100 000 salariés (comme AT&T).

En termes de gouvernance, Nielsen Norman Group constate une progression assez forte des effectifs dédiés aux intranets entre début 2011 et début 2013, après plusieurs années de stagnation ou faible progression. En termes de ratio, les équipes centrées sur ces plates-formes représentent désormais 0,14% des employés, contre 0,04% en 2011.

Un investissement humain plus conséquent

Pour Nielsen Norman Group, cette tendance s'explique par l'arrivée à maturité des entreprises dans la mise en œuvre de ce type de projet. "Un intranet efficace pour informer les employés, les motiver et les rendre plus productifs implique de disposer de ressources pour la création graphique, le développement, le déploiement, la rédaction, le management et la gouvernance", commente le cabinet. Sur les dix intranets sélectionnés par le cabinet, huit présentent des équipes comprenant également des consultants extérieurs.

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Progression de la taille de l'équipe consacrée à l'intranet comparé au nombre total de salariés de l'entreprise, entre 2001 et 2013. © Nielsen Norman Group


Parmi les fonctionnalités les plus souvent déployées, force est de constater une généralisation de la vidéo, par le biais de rubriques spécifiques notamment. Mais aussi l'apparition de pages de profils enrichies au sein des annuaires de salariés, ainsi que la possibilité de personnaliser sa page d'accueil. Des évolutions fonctionnelles qui semblent cohérentes avec la montée en puissance des dispositifs de réseau social d'entreprise

Toujours en matière de mécanismes sociaux, les acteurs commencent à intégrer leurs fils Twitter, Facebook et LinkedIn à leur intranet, notamment sur la page d'accueil ou les sections consacrées à l'actualité. "C'est l'une des principales nouveautés cette année", note Nielsen Norman Group. Mais, c'est loin d'être la seule. "Des filtres font aussi leur apparition dans les moteurs de recherche pour faciliter le ciblage d'informations." Tout comme des graphes sociaux, qui associent aux résultats liés à des personnes des données enrichies (boutons d'appel, d'e-mail, de bookmarking...).

Des intranets dotés d'applications mobiles

Sur les dix lauréats, trois ont choisi de proposer un intranet optimisé pour la mobilité. C'est notamment le cas d'AT&T. L'opérateur a choisi le modèle de l'application hybride (HTML5 / contrôles natifs) pour faciliter l'accès à sa plate-forme pour les forces de vente nomades. Pour l'heure, son app est optimisée pour iPad. Mais, le groupe prévoit déjà des déclinaisons pour Android et Windows, certains de ses vendeurs commençant à adopter des tablettes reposant sur ces deux autres OS.

Pour Nielsen Norman Group, l'évolution vers un intranet mobile recouvre néanmoins plusieurs problématiques épineuses qui expliquent en partie ce faible taux d'adoption : l'enjeu de la sécurité des données, la difficulté de choisir l'environnement mobile cible, le manque de ressources pour créer et maintenir le graphisme, et l'incertitude de la politique fonctionnelle (faut-il proposer des possibilités exhaustives ou se limiter à quelque-unes ?).

En conclusion, le cabinet précise que sept lauréats ont fait le choix de la solution SharePoint. Une tendance qui, selon Nielsen Norman, est révélatrice de la montée en force de Microsoft sur le front des technologies d'intranet, et qui s'expliquerait par le caractère très polyvalent du produit de l'éditeur.

Collaboratif / Facebook