Marc Palazon (Smile) "Nous lançons plusieurs nouvelles offres SaaS open source à la rentrée"

L'arrivée d'un nouvel actionnaire majoritaire a provoqué des changements au sein de la direction de l'entreprise open source. Le point sur leurs impacts, et les projets actuels de la SSLL.

JDN. Entreprise spécialisée dans l'open source, Smile a un nouvel actionnaire majoritaire depuis quelques mois, Keensight Capital. Dans la foulée, trois de ses quatre fondateurs sont partis, dont Patrice Bertrand, l'ancien directeur général. Est-ce lié, et qu'est-ce que cela change pour Smile ?

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Marc Palazon est  président du directoire de de Smile depuis 2007. © Smile

Marc Palazon. Lorsque Smile a pu lever des fonds fin 2009, ses fondateurs avaient déjà envisagé de prendre du recul au prochain tour de table. C'est d'ailleurs ce qui s'est décidé mi-2012, lorsque le projet de recapitalisation concrétisé il y a quelques mois a commencé à prendre forme. A ce moment, trois des quatre fondateurs ont pu confirmer leur intention de se retirer et céder leurs parts. Jérôme Prompsy, Cyrille Chignardet, et Patrice Bertrand ont donc décidé de quitter l'entreprise. Alain Arditi est resté. La décision avait donc été prise il y a près de deux ans.

Et il faut aussi préciser qu'il s'agit avant tout de changements de capital, et non de gouvernance. Nous n'avons pas changé, Smile reste la même entreprise : je la dirige toujours, et cela depuis plus de sept ans. En outre, la prise de recul des fondateurs dans leurs rôles opérationnels aura en fait été progressive.

Concernant la recapitalisation, je signale aussi que EDRIP continue l'aventure via son fonds Cabestan Capital géré par Edmond de Rothschild Investment Partners. Quant à l'arrivée de Keensight Capital comme actionnaire majoritaire, il s'agit d'un fonds qui connait l'IT et le secteur dans lequel on évolue, ce qui est appréciable. Il pourra aussi éventuellement nous apporter des moyens financiers supplémentaires pour que nous puissions nous développer ou réaliser des acquisitions, si besoin. Mais comme Smile est une entreprise rentable, avec un chiffre d'affaires qui croît à bon rythme, nous n'en ressentons pas le besoin aujourd'hui.

Quel est le rythme de votre croissance ?

Smile a réalisé un chiffre d'affaires de 50 millions d'euros en 2013. Notre croissance a été de 20% sur les cinq premiers mois de 2014. Pour l'année entière, nous tablons sur un chiffre qui devrait croître entre 15 et 20%, pour se rapprocher des 60 millions. Smile affiche une croissance annuelle moyenne de 25% sur ces 5 dernières années : c'est un bon rythme pour une entreprise créée en 1991.

"Nous recrutons tous azimuts"

Par ailleurs, nous employons aujourd'hui 750 personnes dans 7 pays, soit 50 employés de plus qu'il y a six mois. Et nous recrutons encore aujourd'hui tous azimuts. Nous devrions dépasser les 800 salariés cette année. A ce rythme, nous devrions assez vite atteindre les 1000 employés... Je précise que nous embauchons encore à Paris, mais aussi en Province et en Europe. Car notre objectif, aujourd'hui, est que nos filiales en Suisse, en Belgique, et aux Pays Bas, lancées il n'y a pas si longtemps, en 2010 et 2011, atteignent une taille critique. S'implanter en Allemagne et en Angleterre fait aussi bien partie de nos projets, mais cela viendra après, et nous n'avons pas encore de date précise.

Smile vient de lancer de nouvelles offres open source en mode SaaS, mais le catalogue indique que de nombreuses offres seront disponibles "très prochainement"... 

Nous pensons en effet que le marché de l'Open SaaS a du potentiel. Nos expertises en hébergement, en TMA, en support ainsi que nos liens avec les éditeurs ou les communautés des solutions open source nous donnent les compétences nécessaires pour bien nous positionner sur ce marché. Nous avons développé nos offres SaaS sur OpenStack, une technologie open source que nous avons aussi appris à maitriser. Je précise que ces offres SaaS se trouvent au sein de nos data centers, que nous utilisons déjà pour nos offres d'hébergement, et qui se situent en Ile-de-France.

Dans un premier temps, nous avons commencé par commercialiser Blue Mind en version SaaS, car nous avons constaté une demande forte pour ce produit. Nous proposons aussi d'ores et déjà ConversionBooster, une solution SaaS pour les e-commerçants qui sort du laboratoire de Smile. D'autres offres open source en mode SaaS vont vite venir étoffer notre catalogue. Il s'agit plus précisément de Zimbra, ownCloud, Akeneo, OroCRM, Git, Redmine et GLPI. Nous devons faire une annonce globale de lancements en septembre.

Nous sommes convaincus que l'open source a une vraie carte à jouer dans le cloud : l'intérêt récent du géant de l'open source RedHat pour eNovance, spécialiste français du cloud OpenStack, le confirme. Plus globalement, cela montre aussi que l'open source continue d'être un fort vecteur d'innovation. L'open source est d'ailleurs également au cœur d'une autre grande tendance très visible actuellement en matière d'innovation informatique : le Big Data. Un terrain sur lequel nous sommes aussi positionnés, puisque des grands groupes de niveau Cac40 sont déjà venus nous solliciter pour des projets Big Data d'envergure, impliquant des technologies open source comme Hadoop et ElasticSearch.

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