Tendance : le boom des assistants personnels

Géants du Web et jeunes pousses misent sur les progrès de l'intelligence artificielle pour développer des assistants personnels virtuels. Mais les technologies sont encore très limitées et le marché est balbutiant.

Gagner du temps. C'est l'obsession de Tim Ferriss, théorisée dans son best-seller "La semaine de 4 heures" : une course à la productivité et au gain de temps via l'emploi d'assistants virtuels. "Le temps est votre ressource principale et tout ce qui le consume, de la rédaction d'un billet de blog à la modération de commentaires sans oublier des tâches de nettoyage, peut être délégué", explique l'auteur à succès dans une interview au JDN. Objectif, donc : déléguer toutes les tâches d'organisation et les activités parasites qui ne vont pas dans le sens des buts principaux de vie que l'on s'est fixés. "Automatiser tout ce qui peut l'être", en somme, notamment et principalement grâce au recours à des assistants virtuels. Un marché émergent qui intéresse géants et jeunes pousses. Mais si le besoin est là, les technologies tâtonnent encore.

Bien sûr, les géants du Web se lancent les uns après les autres dans le secteur avec des assistants personnels destinés à répondre à des questions généralistes et à donner des informations basiques : Apple, le premier, avec Siri, puis Microsoft avec Cortana et ensuite Google Now. Facebook serait aussi en train de travailler sur un assistant personnel baptisé Moneypenny, en partie géré par des humains, qui aiderait les utilisateurs à acheter des produits et services.

A Bordeaux, Wiidii vise 9 millions d'euros de CA en 2017

Les jeunes pousses s'attaquent aussi au marché avec des services souvent B2B et axées sur l'organisation dans le monde du travail. Jeudi, l'assistant personnel français Julie Desk a annoncé une levée de 200 000 euros. Grâce aux mails de l'utilisateur, Julie Desk organise avec les participants des rendez-vous et évènements professionnels. La start-up vise un millier de clients fin 2015.

Wiidii, basée à Cenon, près de Bordeaux, a de son côté conçu un assistant personnel capable de chercher des horaires de train, réserver une table au restaurant, conseiller des lieux à visiter… La jeune pousse a signé un contrat avec l'office de tourisme de Bordeaux, raconte Sud Ouest, mais aussi avec Cdiscount. Elle espère lever entre 600 000 et 1,3 million d'euros avant la fin de l'été et vise un chiffre d'affaires de 9 millions d'euros en 2017.

Encore loin d'un agent vraiment intelligent

Aux Etats-Unis, Donna, l'assistant personnel élaboré par Incredible Labs, a le vent en poupe. La start-up a levé 2,5 millions de dollars auprès d'investisseurs et de business angels réputés, parmi lesquels Khosla Ventures, Crunchfund ou Ashton Kutcher. L'application récolte des informations pour personnaliser l'agenda en prenant en compte le mode de transport ou encore la circulation et pour aider les utilisateurs à se rendre à temps à leurs rendez-vous. Même principe pour la start-up EasilyDo, basée en Californie et qui a levé 4,3 millions de dollars fin 2012. 

Mais les recherches en intelligence artificielle sont encore loin de pouvoir permettre la création d'agents réellement intelligents, qui comprennent le contexte et répondent à des questions plus vagues en s'adaptant à l'interlocuteur. C'est pourtant ce que projette le laboratoire de recherche en intelligence artificielle de Facebook, comme l'explique son directeur Yann Lecun dans une interview au JDN. Surtout, développer ce type d'assistants nécessitera des travaux considérables et des recherches sur le long terme. Un environnement plus facile à bâtir au cœur d'un géant du Web que dans les jeunes pousses...

Microsoft / Google