Le FMI alerte que l'inflation mondiale atteindra 4,7% en 2026, aggravant durablement les inégalités et la pauvreté
Le Fonds monétaire international (FMI) tire la sonnette d’alarme dans son dernier rapport : "Le pouvoir d’achat des ménages pourrait se détériorer de manière durable en raison de la situation internationale." L’institution met en avant la poussée de l’inflation partout dans le monde, conséquence directe d’une succession de crises économiques qui maintiennent élevé le niveau de prix des produits, en particulier ceux de première nécessité.
Une inflation mondiale alimentée par les crises
Inflation, guerres, pandémies… La pandémie de Covid avait déjà perturbé les chaînes d'approvisionnement ; la guerre en Ukraine, elle, a surtout mis à mal la production et la circulation des produits alimentaires et des hydrocarbures ; s'est ajoutée à cela la guerre en Iran qui a éclaté en février 2026.
Selon l'alerte de l'institution internationale, "tous ces facteurs devraient porter l'inflation mondiale à 4,7% en 2026 contre 4,1% en 2025." Cette accélération de la hausse des prix touche tous les acteurs de la société, de l'entreprise aux familles.
Les salaires ne suivent pas le rythme pour compenser la perte de pouvoir d’achat. Partout, "ce sont les foyers les moins aisés qui subissent ce contrecoup de manière disproportionnée." Pour ces foyers, les produits de première nécessité représentent une part plus importante de leurs dépenses mensuelles, avec toutes les conséquences que l’on peut imaginer sur le taux de pauvreté qui sévit déjà dans tous les pays.
Sur ce point, le FMI est très clair : l’évolution actuelle de la flambée des prix a un impact réel et "considérable" sur l’aggravation de la pauvreté et des inégalités de revenus.
Des conséquences durables et des marges de manœuvre limitées
Ces chocs vont s’étaler dans la durée, compliquant sérieusement la tâche des Etats face à leurs populations respectives… compliquant aussi la tâche des banques centrales. Pour calmer l’inflation, ces établissements – dont la Banque centrale européenne (BCE) en Europe – ont récemment décidé de rehausser leurs taux d’intérêt. Or, une telle initiative tend à ralentir les économies, car une hausse des taux freine la consommation et l’investissement des entreprises, un équilibre très difficile à trouver, en particulier pour les pays en développement.
Face à cette situation, le FMI appelle les pays à privilégier des aides ciblées et temporaires. Surtout pas les subventions généralisées. Mais l’endettement de tous les pays, lui aussi de plus en plus fort, ne leur offre plus de marges de manœuvre. L’institution met en garde contre "une spirale infernale bien dangereuse qui va donc s’inscrire dans le temps".