Arthur Mensch affirme que Mistral va rattraper les géants américains de l'IA dans quelques mois
Le cofondateur et directeur général de Mistral AI, Arthur Mensch, affirme que la start-up française de l'intelligence artificielle n'est "qu'à quelques mois" de rattraper les géants américains du secteur. Cette déclaration intervient alors que Mistral a réalisé un "saut technologique" avec le lancement de son nouveau modèle Mistral Large 4 et une levée de fonds de 3 milliards d'euros annoncée en septembre.
Un "saut technologique" revendiqué
Interrogé jeudi 8 octobre sur France Inter, Arthur Mensch a insisté sur la percée réalisée par Mistral : la start-up a lancé mardi son nouveau modèle Large 4, surnommé "Le Chonk". Selon son directeur général, ce modèle marque un "saut technologique" pour l'entreprise. "Dans les mois qui viennent, on va devenir bien meilleurs en mathématiques", assure le Français de 34 ans, vantant les capacités du nouveau modèle de Mistral : "On l'a entraîné sur beaucoup plus de capacités de calcul, et donc il peut tourner pendant des heures et des heures et faire des tâches de manière autonome".
Large 4 est conçu en open weight, ce qui signifie que ses poids, à savoir les réglages internes qui stockent les informations apprises par l'IA durant son entraînement, pourront être téléchargés pour le faire fonctionner sur son propre matériel informatique. Mistral prévoit de les publier le 26 octobre, avec la version définitive du modèle.
Mistral assure que son nouveau modèle dépasse déjà les performances de certains modèles chinois, alors même que l’entreprise française n’a mobilisé que "2% des ressources que certains de [ses] concurrents utilisent" pour son entraînement, selon Arthur Mensch. Il se dit convaincu que, dans la sphère de l’intelligence artificielle, Mistral continuera à "construire cette technologie" et "à passer à l’échelle pour avoir le plus de capacités de calcul possible".
Le directeur général de Mistral s'est également exprimé sur les craintes liées à la perte de contrôle de l'intelligence artificielle, exprimées ces dernières semaines par plusieurs développeurs de la technologie, y compris les PDG des géants OpenAI et Anthropic. S'agissant de la théorie selon laquelle l'IA pourrait détruire l'humanité, Arthur Mensch assure que "ça ne veut rien dire", estimant qu'un tel scénario "n'est absolument pas le risque majeur que l'on voit aujourd'hui". Début septembre, un chercheur d'Anthropic, firme à l'origine de Claude, avait affirmé qu'il y avait "plus de 10%" de risque que l'IA fasse disparaître l'humanité d'ici dix ans.
Selon Arthur Mensch, les risques liés au développement de l’IA ont plutôt trait à la "concentration (...) du fait que vous avez deux ou trois entreprises dans le monde qui vont exporter une technologie qui crée l’essentiel de la croissance dans le monde", avec, en toile de fond, "la dépendance qui va se créer entre l’Europe et les Etats-Unis". Certaines entreprises pourraient ainsi être tentées d’instrumentaliser les craintes liées à l’IA pour accélérer cette recherche de monopole : "Il y a eu tellement de dépenses pour pouvoir construire les modèles que vous avez des entreprises qui ont un intérêt à ce qu’il n’y ait pas trop de concurrence, et à dire "C’est tellement dangereux que j’aimerais bien que ce soit que nous qui puissions la déployer dans le monde entier"".
Un acteur français qui veut peser dans la compétition mondiale
Avec le lancement de Large 4 et le soutien d'investisseurs majeurs, Mistral entend s'imposer comme un acteur incontournable de l'intelligence artificielle, capable de rivaliser avec les géants américains et asiatiques. Arthur Mensch, cofondateur et directeur général de Mistral AI, affiche ainsi l'ambition de hisser la France au premier plan de la compétition mondiale en intelligence artificielle.