Les commerçants pillés évaluent leurs pertes et attendent l'indemnisation

Les commerçants pillés évaluent leurs pertes et attendent l'indemnisation Les commerçants touchés attendent l'indemnisation, entre assurances, aides de l'Etat et incertitudes sur l'ampleur des pertes.

Au moins 3 000 commerces ont été pillés lors des manifestations du 17 octobre. La facture pourrait s'élever à plusieurs centaines de millions d'euros. Les premières expertises ont commencé pour évaluer les dégâts et faire jouer les assurances, mais la tâche s'annonce complexe.

Dans une supérette, le gérant estime les dégâts à 100 000 euros et deux semaines de fermeture. Pour d'autres, l'évaluation reste incertaine. "Moi, j'ai chiffré à 500 bouteilles et 25 000 euros, mais c'est peut-être beaucoup trop ou pas assez, j'en sais rien. Après, on va dresser un inventaire, effectivement, de tout ce qui nous manque", précise le gérant d'une boutique de vin, selon France 2.

Les limites de l'assurance

Les commerçants se heurtent à la réalité des contrats d'assurance, qui ne couvrent pas toujours l'intégralité des pertes. Après une heure d'expertise dans une bijouterie, impossible encore d'estimer l'étendue des dégâts. "Toutes les vitrines sont cassées et tout le stock a disparu, on n'a plus de bijoux à vendre, il n'y a plus aucun bijou dans ce magasin. Il y a une partie de son stock qui ne sera pas garantie. Tout n'est pas pris en charge. Parce que quand on s'assure auprès d'un assureur, on s'assure jusqu'à un certain niveau de garantie", indique Caroline Kress, experte en assurance chez Generali, à France 2.

La fédération des assureurs s'engage à accélérer les indemnisations le plus rapidement possible et à faciliter le versement d'acomptes. Cependant, certains commerces devront rester fermés plusieurs jours, une perte d'exploitation pas toujours couverte par les assurances.

Face à l'ampleur des dégâts, le gouvernement a annoncé plusieurs mesures d'urgence. Pour les salariés privés de travail, Sébastien Lecornu a annoncé une prise en charge du chômage partiel à 100%, dès mardi. "L'activité partielle consiste à aider un chef d'entreprise à payer 60% du salaire pour la personne qui ne travaille pas, parce qu'elle ne peut pas travailler si l'entreprise est cassée. Ça ne coûtera rien au chef d'entreprise", explique Jean-Pierre Farandou, le ministre du Travail et des Solidarités.

Le gouvernement promet aussi la mise en place d'un fonds de solidarité auprès des commerçants les plus touchés.