L'envolée des taux d'intérêt de la dette française fait craindre une crise financière

L'envolée des taux d'intérêt de la dette française fait craindre une crise financière Cette envolée inédite depuis 2002 alimente la crainte d'une crise financière imminente sur fond de tensions sociales et politiques.

Jeudi 22 octobre, les taux d'intérêt de la dette française viennent de passer la barre des 5%. Du jamais-vu depuis l'été 2002. Cette hausse intervient dans un contexte de crise sociale et politique, marqué par des pillages, des saccages et un affaiblissement du pouvoir, qui inquiètent fortement les marchés financiers.

Un mouvement de hausse qui s'accélère

Le mouvement d'augmentation des taux s'accélère. Les événements de ces derniers jours effraient les créanciers, qui ont de moins en moins confiance dans la capacité de la France à rétablir le calme et à trouver un budget. Les prêteurs continuent donc de financer la France, mais à 5%, quand l'Allemagne emprunte à 3,41%. L'écart entre les deux pays a rarement été aussi important, ce qui constitue un mauvais signal.

Le calendrier tombe mal : vendredi 23 octobre, l'agence Moody's, qui évalue la capacité de la France à rembourser ses emprunts, doit rendre son verdict. Difficile, dans ces conditions, d'imaginer que la note française ne sera pas dégradée.

Une crise financière est-elle possible ? Plus personne ne l'exclut. Avant le 17 octobre, ce scénario était encore évoqué comme une hypothèse. Désormais, la plupart des économistes et des milieux d'affaires expliquent que la question n'est plus de savoir si une crise financière va éclater, mais quand elle arrivera.

Il y a quelque temps, Amélie de Montchalin, première présidente de la Cour des comptes et ancienne ministre des Comptes publics, expliquait que la dette étranglait la France. Jusqu'alors, elle l'étranglait doucement, lentement. Les marchés financiers pénalisaient les difficultés du pays à rétablir ses comptes. Mais un cap supplémentaire vient d'être franchi : le nœud se serre désormais plus vite. La crise sociale et politique a resserré l'étau d'un cran supplémentaire, et brutalement.

Conséquences pour l'épargne des Français

Les plus fortunés placent déjà une partie de leur argent hors de France, notamment dans des contrats d'assurance-vie domiciliés au Luxembourg ou en Suisse. Ces contrats ne sont pas soumis à la loi française Sapin 2, qui prévoit, en cas de crise financière grave, la possibilité de bloquer temporairement les retraits. D'autres préfèrent vendre leurs actions pour acheter des biens immobiliers, mais pas en France. Ils privilégient des destinations proches de la frontière. L'Italie, notamment Milan ou Turin, ainsi que la Suisse, ont particulièrement la cote en ce moment.