La croissance du PIB chinois ralentit à 4,3% au deuxième trimestre 2026, son niveau le plus faible depuis 2022

La croissance du PIB chinois ralentit à 4,3% au deuxième trimestre 2026, son niveau le plus faible depuis 2022 Malgré ce ralentissement, la Chine enregistre en juin une embellie industrielle et commerciale, portée par l'essor de l'IA et de l'automobile.

La Chine a vu sa croissance économique ralentir plus fortement qu'attendu au deuxième trimestre 2026, atteignant son niveau le plus bas depuis 2022, selon les chiffres publiés mercredi 15 juillet par le Bureau national des statistiques (BNS). Le Produit intérieur brut (PIB) de la deuxième économie mondiale a progressé de 4,3% sur un an en avril-juin 2026, en deçà de la prévision de 4,5% d'un panel d'économistes sondés par l'AFP. Il s'agit de la plus faible croissance trimestrielle depuis le dernier trimestre 2022, marquant un net essoufflement après une croissance de 5% au premier trimestre 2026. Sur l'ensemble du premier semestre, le PIB progresse de 4,7% sur un an.

Un ralentissement marqué malgré des exportations dynamiques

La Chine, qui a fait des exportations un pilier de son modèle économique, dépend essentiellement du commerce extérieur pour sa croissance. Ce ralentissement intervient alors que le pays fait face à un marasme prolongé de son secteur immobilier et à une consommation intérieure toujours faible. Les tensions liées au conflit entre Etats-Unis et Iran ont également menacé la dynamique économique chinoise en entravant le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz et en faisant flamber les cours du pétrole.

Le Bureau national des statistiques a souligné qu'"il existe de nombreux facteurs externes instables et incertains, et le déséquilibre intérieur entre une offre abondante et une demande faible persiste". "Les fondations d'une reprise économique doivent encore être consolidées", a-t-il conclu.

Malgré ce contexte difficile, plusieurs indicateurs publiés en juin témoignent d'une amélioration inattendue de la conjoncture. La production industrielle de la Chine a augmenté de 5,3% sur un an en juin 2026, accélérant plus fortement que prévu après une hausse de 4,5% en mai. Les ventes de détail, baromètre de la consommation, ont rebondi en juin (+1% sur un an), après une baisse de 0,6% le mois précédent, la première depuis plus de trois ans.

Les exportations de la Chine libellées en dollars ont grimpé de 27% sur un an en juin 2026, dépassant largement les attentes des analystes. Cette performance est portée par le boom mondial de l'intelligence artificielle et de l'automobile. Les importations ont également augmenté de 36% sur un an en juin, leur plus forte hausse depuis cinq ans. Dans le détail, les exportations (en valeur en dollars) de semi-conducteurs se sont envolées de 122% sur un an, même si le volume des exportations de semi-conducteurs a légèrement reculé sur un an, sa première baisse depuis plus de deux ans. Le nombre de véhicules exportés a augmenté de 72% sur un an en juin, dopé par l'électrique, et la Chine a exporté plus d'un million de voitures sur le seul mois de juin.

Malgré ces signaux positifs, la conjoncture reste fragile. L'investissement en capital fixe a chuté de 5,7% sur un an au premier semestre 2026, un recul bien supérieur aux 4,9% anticipés, après une baisse de 4,1% sur janvier-mai. L'investissement immobilier, lui, s'est effondré de 18% sur le semestre.

Yue Su, analyste de The Economist Intelligence Unit, observe que "la demande intérieure reste le maillon faible : en juin, les importations de pétrole sont restées à un niveau historiquement bas par rapport à l'année précédente, tandis que les industries en aval, comme la chimie, continuent d'enregistrer une faible croissance". Elle ajoute : "Il faudra du temps pour que les chaînes d'approvisionnement industrielles et la demande énergétique", bouleversées par la guerre au Moyen-Orient, "reviennent à la normale", tandis que "la croissance des revenus des ménages chinois continue d'être inférieure à celle du PIB", de quoi "peser sur la confiance des consommateurs". Selon elle, "les autorités mettront davantage l'accent sur la stimulation de la consommation au second semestre et jusqu'à début 2027".

Pékin s'est fixé l'objectif d'une croissance annuelle de 4,5 à 5%. Le 15e plan quinquennal chinois (2026-2030) met l'accent sur la puissance productive, la souveraineté économique et la domination des technologies clés, tout en maintenant le rééquilibrage vers le marché intérieur comme priorité secondaire.