Jean-Noël Barrot affirme que l'expulsion de Xenia Fedorova illustre la menace d'ingérence étrangère visant la France

Jean-Noël Barrot affirme que l'expulsion de Xenia Fedorova illustre la menace d'ingérence étrangère visant la France Le ministre des affaires étrangères détaille la distinction entre opinion, manipulation de l'information et ingérence, et présente les mesures françaises face à la subversion étrangère.

Mercredi 29 juillet, la propagandiste russe Xenia Fedorova a fait l'objet d'un arrêté d'expulsion. Cette professionnelle de la subversion, formée en Russie, exécutait des opérations de déstabilisation pilotées par le Kremlin. Son cas – dont le recours en référé a été rejeté à deux reprises par le tribunal administratif de Paris – illustre la menace d'ingérence à laquelle nous sommes confrontés. Jean-Noël Barrot, ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, souligne que "les adversaires de la démocratie nous observent. Ils scrutent nos débats, exploitent nos colères et nos peurs. Leur objectif est simple : peser sur nos choix sans avoir à répondre de leurs actes".

Le ministre rappelle que la France fait face à une offensive coordonnée, où la subversion informationnelle s’ajoute à d’autres formes d’ingérence, telles que les financements opaques, les cyberattaques, l’intimidation ou le sabotage.

Une riposte française structurée et proactive

Face à cette menace, la France a pris de l’avance. Dès 2021, sous l’impulsion du président de la République, Emmanuel Macron, "nous avons fait le choix de la transparence, en montrant aux Français les manipulations étrangères dont ils sont la cible". Les ingérences, souvent invisibles à l’œil nu, prennent la forme de faux comptes, de vidéos dopées à l’intelligence artificielle, de campagnes coordonnées ou d’algorithmes manipulés.

Depuis 2022, le Quai d’Orsay a développé ses capacités de veille et d’analyse des récits adverses. Mais comprendre ne suffit plus : "il faut riposter et dissuader". Avec le compte French Response, la France répond désormais en temps réel aux attaques qui la visent, n’hésitant pas à manier l’humour et l’ironie. Partout dans le monde, "nos ambassades ont reçu la même mission : oser, riposter, rétablir les faits". Le message est clair : "on ne s’attaque pas impunément à la France".

Le projet de loi présenté par le gouvernement cet été doit contribuer de façon décisive à la lutte contre l’ingérence étrangère.

Jean-Noël Barrot insiste sur la nécessité de ne pas confondre opinion, manipulation de l’information et ingérence. Il précise : "Une opinion n’est pas une ingérence. Elle peut être exprimée librement et sans crainte. On peut critiquer la France, son gouvernement ou sa politique étrangère. On peut le faire durement, injustement même : c’est la liberté d’expression. Elle est sacrée."

La manipulation de l’information "commence lorsqu’une information fausse ou trompeuse est diffusée délibérément dans l’intention de nuire. L’ingérence, quant à elle, résulte d’une intervention étrangère destinée à influencer nos choix. Elle peut avoir recours à la manipulation de l’information, mais aussi aux financements opaques, aux cyberattaques, à l’intimidation ou au sabotage". En résumé, "une opinion cherche à convaincre ; la manipulation de l’information cherche à tromper ; l’ingérence cherche à peser de l’extérieur sur notre liberté de choix".

Un contexte international tendu

La France n’est pas la seule cible de ces opérations. De la Moldavie à l’Allemagne, en passant par la Roumanie et la Pologne, la même mécanique se met en œuvre : propagande, manipulation de l’information, financements opaques, jusqu’aux actes de sabotage et aux attaques de drones observées la semaine du 3 août à Leipzig (Allemagne). Le but est toujours le même : peser sur les élections, délégitimer les responsables politiques, dresser les citoyens les uns contre les autres.

Dans ce contexte, la France entend garantir les conditions d’une agora souveraine, où le débat reste la propriété exclusive du peuple français. Jean-Noël Barrot conclut : "Nous voulons que ce débat reste le nôtre, qu’il demeure la propriété exclusive du peuple français, et que personne ne puisse en fausser les règles de l’étranger".

Jean-Noël Barrot est ministre de l’Europe et des Affaires étrangères.