Le gouvernement va prélever les 2,1 milliards d'euros d'excédent du régime de l'assurance-chômage en 2027
Le gouvernement va prélever en 2027 l’excédent que l’Unédic a prévu de dégager, soit 2,1 milliards d’euros. Cette décision s’inscrit dans la continuité des prélèvements opérés sur l’organisme paritaire, alors que celui-ci fait face à un endettement important.
Un nouvel excédent absorbé par l’Etat
"Le régime [d’assurance-chômage] prévoit un excédent de 2,1 milliards d’euros en 2027. Nous prélèverons donc cet excédent, mais l’Unédic sera à l’équilibre l’an prochain", a déclaré le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, dans un entretien paru lundi 5 octobre dans le journal L’Opinion. Le ministre a estimé que "cela aurait pu être plus !".
Depuis trois ans, l’Etat a déjà prélevé 12 milliards d’euros sur les recettes de l’Unédic, entre 2023 et 2026.
Ces nouveaux prélèvements interviennent alors que l’Unédic comptait sur ces recettes pour réduire son lourd endettement, prévu pour atteindre 61,5 milliards d’euros à la fin de 2026. Sans nouveau prélèvement de la part de l’Etat, l’organisme prévoyait un recul de sa dette à 59,4 milliards à la fin de 2027 et à 55,4 milliards à la fin de 2028. Pour l’année 2026, le prélèvement de l’Etat, prévu à 4,1 milliards d’euros, devrait être plus important que l’excédent anticipé, laissant au bout du compte des pertes de 2,3 milliards à l’Unédic.
En juin, les partenaires sociaux, syndicats et patronat, qui gèrent l’assurance-chômage, avaient alerté "sur les risques du recours accru à l’endettement, dans un contexte de taux élevés, notamment pour financer jusque-là les charges liées aux décisions étatiques passées" comme le financement du chômage partiel au moment de la crise sanitaire du Covid-19.
"Je me suis beaucoup battu pour que l’Unédic revienne à l’équilibre", a fait valoir lundi sur LCI Jean-Pierre Farandou. Il a cité la réduction de dix-huit à quinze mois au maximum de l’indemnisation des chômeurs après une rupture conventionnelle, une mesure qui doit rapporter jusqu’à 800 millions d’euros par an à partir de 2029. Il a également évoqué la future possibilité de récupérer 880 millions d’euros par an sur l’indemnisation des travailleurs frontaliers, une fois mises en œuvre de nouvelles règles adoptées cette année au niveau européen.
Les recettes de l’Unédic sont principalement constituées des cotisations patronales prélevées sur les salaires à hauteur de 4% du salaire brut. Depuis 2019, la part salariale des cotisations a été supprimée et remplacée par une quote-part de 1,47 point de contribution sociale généralisée (CSG) sur tous les revenus d’activité.