Les députés rejettent en commission la réforme de l'abattement fiscal de 10% sur les retraites
Les députés ont rejeté, mercredi 7 octobre, en commission la réforme de l’abattement fiscal de 10% dont bénéficient les retraités. Cette suppression est loin d’être définitive, puisque les discussions en commission ne sont qu’un premier tour de chauffe : les députés repartiront de la copie initiale dans l’Hémicycle le 13 octobre.
Le rejet de la réforme a rassemblé une large majorité de groupes parlementaires. Des députés LR, Horizons, RN, UDR, LFI et communistes avaient déposé des amendements supprimant l’article 3, qui ont été adoptés. Des députés PS et les écologistes ont également pris la parole pour s’opposer à cette mesure, le socialiste Philippe Brun la qualifiant d’"antisociale".
L’article 3 du projet de loi de finances (PLF) pour 2027 propose de réduire à 3 000 euros le plafond de l’abattement de 10% sur l’impôt sur le revenu dont bénéficient les retraités, contre 4 439 euros aujourd’hui. En combinant cette mesure à une désindexation de certaines pensions sur l’inflation, le gouvernement entend mettre fortement les retraités à contribution, à hauteur de 5,5 milliards d’euros, pour tenir un déficit public à 5%.
Sa suppression équivaut à un coût de 1,4 milliard d’euros, a rappelé le rapporteur général du budget, Philippe Juvin (LR).
Des arguments opposés sur la solidarité et le pouvoir d’achat
Le député Jean-Paul Matteï (MoDem) a défendu une mesure "de solidarité fiscale entre les générations". "Il faut que tout le monde se serre les coudes. Il faut qu’on soit responsables", a-t-il martelé.
De nombreux députés ont insisté sur l’impact concret de la réforme pour les retraités. "Le gouvernement présente cette mesure comme un simple ajustement fiscal, mais pour les retraités concernés, c’est très concret. C’est une hausse d’impôts et une baisse de leur pouvoir d’achat", a déclaré la députée Claire Marais-Beuil (RN). Le communiste Nicolas Sansu a souligné : "Un foyer avec deux personnes qui touchent chacune 1 250 euros par mois sera touché par cette hausse d’impôts".
Le président de la commission des finances, Eric Coquerel (LFI), a également mis en garde : "Touchez les retraités, vous touchez une des seules parties du pays qui continue à avoir un pouvoir d’achat qui augmente légèrement (…), et donc vous touchez la consommation".
Le sort de la réforme sera donc à nouveau débattu en séance publique.