Les oppositions jugent insuffisantes les annonces de Sébastien Lecornu sur les lycées et les carburants
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a pris la parole lors d'une allocution le mercredi 7 octobre 2026 au soir, alors que le pays fait face à deux crises majeures : la contestation des lycéens et l'explosion des prix des carburants. Ces annonces n'ont pas convaincu les oppositions, qui dénoncent des réponses jugées inadaptées ou incomplètes.
Face à la mobilisation persistante des lycéens, Sébastien Lecornu a affirmé que "le temps du dialogue continue" concernant la crise dans les lycées. Cette déclaration n’a pas apaisé les critiques, notamment du côté du Parti socialiste. La députée PS Ayda Hadizadeh estime : "L'erreur que commet le gouvernement, c'est de ramener la révolte des lycéens à un problème de démocratie lycéenne." Selon elle, l’urgence est ailleurs : "Ce mouvement-là, c'est un mouvement qui dénonce des conditions de travail qui ne sont plus acceptables, des conditions de travail pour les élèves et du coup aussi pour les enseignants."
Carburants : une mesure phare, mais contestée
Sur le front de la flambée des prix des carburants, Sébastien Lecornu a annoncé la mise à disposition des distributeurs de 10 millions de barils des stocks stratégiques du pays. Cette mesure, qui doit s’étaler sur une période de trois mois, vise à faire baisser le prix du litre de gazole de 12 à 18 centimes.
Mais là encore, les réactions des oppositions sont majoritairement négatives. La députée LFI Aurélie Trouvé juge cette mesure comme "une demi-mesure" et affirme : "Il n'y a qu'une seule mesure efficace aujourd'hui qui ne coûte rien au contribuable, c'est bien le blocage des prix et des marges."
Du côté du Rassemblement national, le député Philippe Ballard estime : "C'est une bonne chose. On l'avait réclamé." Marine Le Pen demande la baisse immédiate de la TVA sur tous les carburants, de 20% à 5,5%.
Si la libération de 10 millions de barils de gazole est saluée par une partie de la droite, elle est jugée largement insuffisante à gauche, où l'on réclame des mesures structurelles sur la formation des prix et la fiscalité. Sur la crise des lycées, le gouvernement est accusé de ne pas prendre la mesure de la colère et de la dégradation des conditions dans les établissements.