Le gouvernement promet une baisse du prix du gazole de 12 à 18 centimes par litre

Le gouvernement promet une baisse du prix du gazole de 12 à 18 centimes par litre Le gouvernement promet une baisse du prix du gazole à la pompe de 12 à 18 centimes par litre dès novembre.

Face à la hausse continue des prix des carburants, le gouvernement a décidé de puiser dans les réserves stratégiques nationales. Sébastien Lecornu, Premier ministre, a annoncé mercredi soir la libération de 10 millions de barils de gazole issus des stocks stratégiques français. "Nous mettrons donc 10 millions de barils de gazole issus de nos stocks à la disposition des distributeurs en France", a-t-il déclaré lors d’une allocution à Matignon.

Cette mesure vise à répondre à la colère des automobilistes et des professionnels, alors que le prix du gazole s’affichait à 2,36 euros le litre dans la soirée du 7 octobre. Selon le gouvernement, cette opération permettra une baisse du prix à la pompe comprise entre 12 et 18 centimes par litre dès le mois de novembre, soit en moyenne 10 euros d’économie par plein.

Modalités et objectifs de la libération des stocks

L’objectif affiché est d’agir sur les prix à la pompe, qui devraient ainsi "mécaniquement ​baisser" de 12 centimes à 18 centimes d’euro par litre de gazole, a précisé Sébastien Lecornu. Le gazole concerné a été acheté avant la flambée des cours. Il sera mis à disposition au prix de revient de ces stocks.

"Cette baisse bénéficiera à tous ceux qui achètent du gazole et s’ajoutera aux aides existantes", a ajouté le Premier ministre.

La France dispose d'un peu plus de 100 millions de barils de pétrole entreposés sur tout le territoire, notamment à Manosque (Alpes-de-Haute-Provence). Ces stocks sont constitués en priorité pour éviter les pénuries et se composent d'un tiers de pétrole brut, mais surtout de produits finis prêts à l'emploi, notamment le gazole.

Cette opération s’inscrit dans un contexte international tendu, alors que les pays du G7 ont convenu la semaine dernière de libérer 100 millions de barils de produits pétroliers de leurs réserves stratégiques dans un délai de quatre mois.

Réactions et perspectives

Si le gouvernement promet une baisse immédiate pour les consommateurs, certains experts restent prudents sur l’efficacité de la mesure à moyen terme. "On va peut-être limiter la hausse, mais je ne pense pas que l’on verra des prix baisser. L’objectif de ces stocks stratégiques, c’est de s’acheter du temps. Donc, très bien, on va s’acheter trois mois. Maintenant, qu’est-ce qui se passe dans ces trois mois ? Est-ce qu’une des deux guerres s’arrête ?", interroge Thierry Bros, expert énergie, professeur à Sciences Po Paris.

Du côté des automobilistes, les réactions sont partagées entre soulagement et scepticisme. Certains saluent une initiative qui "fait quand même quelque chose", tandis que d’autres regrettent une mesure jugée insuffisante ou temporaire.