Le gouvernement affecte 3 000 professeurs remplaçants dans les lycées en réponse à la mobilisation

Le gouvernement affecte 3 000 professeurs remplaçants dans les lycées en réponse à la mobilisation Le gouvernement déploie un plan d'urgence en affectant "3 000 professeurs remplaçants" dans les lycées où la situation l'exige, en réponse à la mobilisation lycéenne.

Le ministre de l'Education nationale, Edouard Geffray, a annoncé jeudi 8 octobre l'affectation de "3 000 professeurs remplaçants" dans les lycées où la situation l'exige, "dans les heures qui viennent". Cette mesure intervient alors que la France connaît une vague de mobilisation lycéenne, sur fond de tensions concernant le manque de professeurs et de moyens dans l'Education nationale.

La décision du gouvernement fait suite à plusieurs journées de manifestations. Jeudi, plus de 130 000 manifestants ont été recensés en France par la CGT, tandis que le ministère de l'Intérieur a décompté 71 500 personnes dans les rues, dont 24 500 à Paris.

Le ministre de l'Education nationale a précisé qu'un logiciel va "identifier les établissements qui sont dans des situations (...) très problématiques", afin de cibler l'affectation des remplaçants. Par ailleurs, Edouard Geffray a indiqué qu'il allait "autoriser les recteurs à recruter plus que ce qui est autorisé", ce qui représentera "quelques centaines" de professeurs supplémentaires.

Une annonce saluée mais jugée insuffisante

L'association Les Lycéens ! salue une "première annonce concrète" du gouvernement, mais nuance : "on n'est pas entièrement satisfait". Son président, Pierre Sourzat, insiste sur franceinfo : "Ce que l'on voudrait, c'est vraiment un prof devant chaque élève".

Mardi, les manifestations avaient rassemblé 450 000 personnes dans toute la France selon les organisateurs, et 256 000 selon le ministère de l'Intérieur. Jeudi, 504 personnes ont été interpellées, a annoncé le ministère de l'Intérieur, qui note "une augmentation des violences urbaines". 48 policiers et gendarmes ont par ailleurs été blessés.

L'intersyndicale étudiante et professionnelle appelle à une nouvelle journée de mobilisation et de grève, mardi 13 octobre. Sabrine Kharbach, porte-parole de l'Union étudiante, a affirmé : "Tant qu'on n'aura pas 10 milliards sur la table, on continuera à se mobiliser".

Paul Vannier, député insoumis, a critiqué sur X : "Un réquisitoire hypocrite contre dix années de macronisme éducatif", s'interrogeant sur l'action du ministre ces derniers mois.