La BCE insiste sur la responsabilité de la France pour enrayer la hausse des taux
La présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, a estimé mercredi 14 octobre que les moyens d’enrayer l’envolée des taux de rendement sur la dette française "doivent être d’abord trouvés en France" au niveau du budget, afin de rassurer les marchés. Elle s’est exprimée lors d’un évènement organisé par la chaîne de télévision CNN à Bangkok, en marge des assemblées annuelles du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale.
Christine Lagarde a souligné que la fièvre sur le marché obligataire "ne se limite ni à l’Europe ni à la France, cela touche l’ensemble de la planète. Cela dit, certaines circonstances particulières font que certains pays sont plus durement touchés - la France en est un exemple frappant". Elle a insisté, semblant minimiser la possibilité d’une intervention de la BCE sur le marché obligataire.
Un budget 2027 sous tension
L’examen du budget 2027 a démarré mardi à l’Assemblée nationale, avec l’ambition de retrouver l’an prochain un déficit à 5% du PIB. Mais son adoption apparaît très incertaine, faute de majorité et à l’approche de l’élection présidentielle l’an prochain. Sur le marché de la dette, la France pâtit particulièrement des interrogations sur sa stabilité économique et politique : son taux d’emprunt à 10 ans s’approche des 5%.
Le gouverneur de la Banque de France Emmanuel Moulin, également présent à Bangkok, avait appelé plus tôt mercredi les parlementaires et l’exécutif français à "prendre leurs responsabilités" sur le budget. "Il existe un certain nombre de dispositions dans la Constitution française permettant qu’un budget soit voté ou adopté même sans majorité au Parlement", a-t-il rappelé, dans une allusion apparente à l’article 49.3 ou au recours à des ordonnances.
La situation française attire aussi l’attention du FMI. "La France cherche actuellement à adopter un budget qui placerait son déficit et sa dette sur une trajectoire descendante", a observé à Bangkok devant la presse la directrice générale du Fonds, Kristalina Georgieva. "Il faudra toutefois du temps pour les ramener à des niveaux susceptibles d’inspirer confiance, une entière confiance, tant à la population qu’aux investisseurs", a-t-elle averti.