L'épargne salariale franchit 250 milliards d'euros au premier semestre 2026

L'épargne salariale franchit 250 milliards d'euros au premier semestre 2026 Un record historique, alors que le gouvernement envisage de taxer ces dispositifs pour financer la Sécurité sociale.

L’épargne salariale en France a franchi un seuil inédit au premier semestre 2026, dépassant les 250 milliards d’euros selon les derniers chiffres de l’Association française de la gestion financière, soit une hausse de plus de 13% par rapport à l’année dernière. Cette progression confirme l’attrait croissant de ces dispositifs auprès des salariés du secteur privé.

Un dispositif plébiscité par les salariés

L'épargne salariale concerne un salarié du privé sur deux, soit 13 millions d'entre eux. Elle regroupe principalement les plans d'épargne entreprise et les plans d'épargne-retraite, alimentés par l'intéressement, qui a bondi de plus de 10% par rapport à l'année dernière, ou la participation, tous deux versés par les entreprises. L'abondement, qui permet à l'employeur de compléter les versements du salarié, contribue également à cette dynamique.

L'épargne salariale est très populaire parmi les salariés du privé, elle fait partie des choses qu'on regarde de près avant de changer d'employeur, juste après le salaire.

Le gouvernement aimerait taxer cette épargne salariale pour renflouer les caisses de la Sécurité sociale. Il propose dans le budget un dispositif de taxation indirecte d'une partie de ces plans d'épargne, en diminuant les allègements de charges patronales sur les salaires et en intégrant dans le calcul de ces allègements les compléments de salaire comme l'intéressement et la participation. Il espère ainsi en grappiller 3,7 milliards d'euros de recettes en plus pour la Sécurité sociale.

Pour l'heure, la proposition a été rejetée mercredi 14 octobre par la commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale, mais cela ne veut pas dire qu'elle ne peut pas revenir et être acceptée à la fin des débats sur le budget.

Interrogé sur ce projet, le ministre de l'Economie, Roland Lescure, a reconnu que "ça fait partie des pistes qu'on regarde comme d'autres", rapporte RTL. De son côté, Matignon a précisé que "ce qui a fuité est un document de travail, pas une décision du gouvernement".

La perspective d'une taxation suscite de vives réactions. Pour Mathieu Chauvin, président du groupe financier Eres, spécialisé dans l'épargne, "si on taxe ces dispositifs, ce sera des coups d'arrêt pour les employeurs". Il met également en garde : "c'est prendre le risque de retirer une source de financement non négligeable pour des salariés modestes qui se servent de cette épargne pour acheter leur résidence principale ou préparer leurs vieux jours".

Parallèlement, le gouvernement envisage de faciliter le déblocage de l'épargne salariale à hauteur de 5 000 euros, une mesure qui pourrait répondre à la demande de liquidité de certains ménages.

L'épargne salariale, forte de son succès et de son poids croissant dans la rémunération des salariés, se retrouve ainsi au cœur des arbitrages budgétaires. Alors que la Sécurité sociale fait face à des besoins de financement accrus, la question de la fiscalité de l'épargne salariale s'annonce comme l'un des points sensibles du débat parlementaire sur le budget 2027.