Après les violences, "plusieurs centaines de millions d'euros" de dégâts pour les commerçants

Après les violences, "plusieurs centaines de millions d'euros" de dégâts pour les commerçants Les violences du 17 octobre 2026 ont entraîné des dégâts majeurs pour les commerçants, avec une facture déjà estimée à plusieurs centaines de millions d'euros.

Après les pillages et les dégradations du 17 octobre 2026, une question revient : combien cela va-t-il coûter ? Cher, très cher. S’il reste difficile d’estimer précisément le coût des pillages et des pertes, la note s’annonce déjà lourde pour les commerçants, pour qui c’est la crise de trop. Pas moins de 1 500 commerces ont été pris pour cible, estime Alexandre Bompard, patron de Carrefour et président de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD). Son premier chiffrage des dégâts atteint "plusieurs centaines de millions d’euros".

Les scènes de violences et de pillages ont été constatées dans de nombreuses grandes villes, avec des quartiers entiers "ravagés" à Paris. Des bâtiments publics ont également été visés à Marseille, Lille, Lyon, Bordeaux ou Limoges. Au moins 2 000 interpellations ont été recensées, et 600 policiers et gendarmes blessés.

Assurances et incertitudes pour les entreprises

Certes, les assurances prendront en charge une partie des dommages. La garantie émeute est dispersée entre les garanties incendie, vandalisme, etc. Ce type d’événement est donc couvert. Mais pour les artisans, il faudra remplir des dossiers et attendre le passage d’un expert. Faute d’une trésorerie suffisante pour tenir jusque-là, plusieurs centaines d’entreprises risquent de baisser définitivement le rideau.

Cette prise en charge aura une contrepartie : les assurances devraient augmenter leurs franchises et leurs tarifs.

Ce lundi matin, le ministre du Commerce Serge Papin réunit les fédérations du commerce et du tourisme, ainsi que les représentants des banques et des assurances. A l’issue de cette rencontre, le gouvernement devrait proposer des prêts garantis par l’Etat pour aider les entreprises à remettre d’aplomb leur outil de travail. Le recours au chômage partiel pourrait également être facilité, afin de permettre aux salariés qui ne peuvent pas reprendre leur activité parce que leurs locaux sont endommagés de bénéficier d’une allocation en attendant.

Le ministre du Commerce Serge Papin a promis samedi soir d’"aider" les boutiques et supermarchés vandalisés lors des manifestations.

La facture ne se limite pas aux commerces. Il faut ajouter le mobilier urbain, les établissements publics incendiés, les mairies brûlées ou encore les chaussées abîmées. Par ailleurs, la prise en charge des blessés représente également un poste important : un passage aux urgences coûte en moyenne 230 euros à la Sécurité sociale, sans compter les arrêts maladie.

Ces dépenses, qu’elles soient supportées par l’Etat ou les collectivités, pèseront in fine sur les citoyens. Dans un Etat qui n’a pas d’argent, cela signifie emprunter, encore et encore. Vues de l’étranger, ces scènes risquent aussi d’effrayer les créanciers de la France, qui pourraient augmenter les taux auxquels ils lui prêtent de l’argent.

Ces violences interviennent enfin dans un contexte économique déjà très dégradé. Les scènes de casse et de pillage survenues samedi 17 octobre en marge de la journée de mobilisation contre la vie chère ont été de l’avis général plus intenses et étendues que les émeutes de 2023, voire les actions des gilets jaunes en 2018-2019.