La présidente de la Cour des comptes met en garde contre la dérive de la dette publique
La présidente de la Cour des comptes, Amélie de Montchalin, tire la sonnette d’alarme sur la situation des finances publiques françaises. Dans un entretien accordé à La Tribune Dimanche, l’ancienne ministre des Comptes publics, qui a quitté Bercy en début d’année, met en garde contre un risque majeur pour l’économie nationale si la trajectoire de la dette n’est pas maîtrisée.
Un avertissement sur la dette et ses conséquences
"Si nous ne maîtrisons pas la trajectoire de la dette, nous courons le risque d’un étouffement financier", prévient Amélie de Montchalin. Elle souligne que "la charge de la dette atteindra déjà 90 milliards d'euros l'année prochaine".
Selon la présidente de la Cour des comptes, "une hausse de 100 points de base des taux d'intérêt (soit un point de pourcentage) représente un surcoût annuel de 40 milliards d'euros à un horizon de sept ans. Soit trois fois le budget annuel de la Justice".
Pour éviter de perdre "nos marges de manœuvre et notre souveraineté", il est "indispensable" de ramener le déficit public sous la barre des 5% d'ici 2027, insiste-t-elle.
Le projet de budget 2027 de la France, débattu depuis mardi à l'Assemblée nationale, a pour objectif de ramener le déficit public à 5% du produit intérieur brut (PIB), après 5,4% en 2026. Mais son adoption apparaît très incertaine, faute de majorité et à l'approche de l'élection présidentielle.