La DGAFP présente trois scénarios de réforme pour la fonction publique à l'horizon 2050

La DGAFP présente trois scénarios de réforme pour la fonction publique à l'horizon 2050 Face au vieillissement des effectifs et à la baisse d'attractivité, la DGAFP présente trois pistes de réforme pour la fonction publique française à l'horizon 2050.

La Direction générale de l'administration et de la fonction publique (DGAFP) a publié une revue stratégique de la fonction publique de long terme le lundi 19 octobre 2026. Ce document vise à éclairer les choix du prochain président de la République en matière de réforme de la fonction publique. Il intervient alors que le secteur public fait face à des défis majeurs, identifiés comme le vieillissement des effectifs, la baisse de l'attractivité des concours, la montée du nombre de contractuels et les contraintes budgétaires.

Pour Boris Melmoux-Eude, directeur général de l'administration et de la fonction publique, "la fonction publique est dans une situation d'urgence compte tenu des défis à laquelle elle est confrontée".

Un diagnostic préoccupant

Le constat dressé par la DGAFP est sans appel. En 2024, 2,2 millions d'agents de plus de 50 ans sont recensés, soit 38% des effectifs de la fonction publique. Cette tendance au vieillissement laisse présager un "papy-boom" ou, selon la DGAFP, un "mamy-boom" en raison de la forte féminisation des effectifs.

Parallèlement, la fonction publique peine à attirer de nouveaux talents. Le nombre de candidats aux concours externes est de 4,9 pour 1 admis en 2024, contre plus de 12 en 2011. Sur les 45 300 postes ouverts en 2024, 11% n'ont pas été pourvus. Cette difficulté de recrutement s'accompagne d'une augmentation du recours aux contractuels : un agent sur quatre est contractuel dans la fonction publique en 2026.

Malgré ces difficultés, la fonction publique compte 5,85 millions d'agents publics en 2026, soit une hausse de +7,9% depuis 2011. Le budget alloué à la fonction publique atteint 370 milliards d'euros en 2025, ce qui représente près de 22% de la dépense publique.

Trois scénarios de réforme à l'horizon 2050

Face à ces constats, la DGAFP propose trois scénarios de réforme pour la fonction publique à l'horizon 2050. Ces scénarios sont "appréciés à partir des mêmes exigences, de préservation de l'impartialité et de l'égalité d'accès aux services publics et de soutenabilité financière notamment".

Premier scénario : bascule dans le Code du travail

Le premier scénario, jugé le moins probable, consiste à basculer le Code de la fonction publique dans le Code du travail. Concrètement, cela reviendrait à transformer enseignants, secrétaires généraux de mairie, aides-soignants ou encore agents administratifs et techniques en salariés du privé, à l'exception des missions de souveraineté (justice, sécurité, représentation de l'Etat). Ce scénario signifierait la fin de la fonction publique de carrière au profit d'une fonction publique d'emploi, où chacun serait recruté pour un poste déterminé.

Selon la DGAFP, ce scénario présente de nombreux risques : concurrence salariale accrue avec le privé, inégalités territoriales renforcées, fragilisation de la continuité des services et coût financier hors d'atteinte. Il n'apporterait que peu de souplesse supplémentaire, sauf pour les fins de contrats.

Deuxième scénario : retour à l'esprit de 1946

Le deuxième scénario propose de revenir à l'esprit de 1946 en unifiant les trois versants de la fonction publique (Etat, territorial, hospitalier) en trois familles d'employeurs, avec un cadre statutaire commun et des filières métiers communes. Le statut redeviendrait la voie normale d'occupation des emplois permanents, et les 250 corps actuels seraient remplacés par un nombre limité de filières métiers communes, tout en conservant plusieurs niveaux hiérarchiques.

Ce scénario faciliterait les mobilités entre employeurs publics, le grade garantissant le niveau de qualification et de responsabilité. Changer de versant reviendrait à passer d'un employeur à l'autre, l'emploi correspondant au poste proposé.

Troisième scénario : convergence pragmatique

Le troisième scénario, dit de "convergence pragmatique", consiste à conserver les trois versants et leurs spécificités, mais en corrigeant les principales rigidités et en harmonisant ce qui peut l'être. Par exemple, la création d'un corps interministériel d'ingénieurs du numérique permettrait de circuler d'une administration à l'autre.

La convergence devrait être accompagnée d'une refonte progressive des rémunérations, d'une clarification des places respectives entre fonctionnaire et contractuels et d'une rénovation des procédures de recrutement pour faire plus de place aux compétences et à l'expérience.