L'Assemblée nationale suspend les débats sur le budget de l'Etat face aux tensions politiques

L'Assemblée nationale suspend les débats sur le budget de l'Etat face aux tensions politiques Blocage politique sur le budget de l'Etat et incertitudes sur l'adoption du budget de la Sécurité sociale, dans un contexte social tendu à l'approche de la présidentielle.

Les députés ont interrompu lundi les débats sur la première partie du budget de l'Etat, et passeront dès mardi après-midi au budget de la Sécurité sociale. Cette décision intervient alors qu'aucun compromis ne semble se dessiner sur le texte du gouvernement, dans une atmosphère qualifiée d'"inflammable" à six mois de l'élection présidentielle, après un week-end de forte mobilisation dans la rue et des violences, rendant les débats budgétaires "fort peu propices aux compromis".

Lors des discussions sur le budget de l'Etat, les députés ont supprimé un article-clé sur la réduction d'un abattement qui bénéficie aux retraités et ont torpillé tout un volet d'économies que l'Etat espérait faire sur le financement des collectivités. Selon le ministre des Comptes publics, David Amiel, au total, les débats ont accru le déficit prévisionnel de 10 milliards d'euros par rapport à la copie initiale. Les députés se sont quittés à minuit avec encore 2 600 amendements à examiner sur les "recettes" du budget de l'Etat. Les discussions devraient reprendre la semaine prochaine.

Un budget de la Sécurité sociale sous haute tension

Place, entretemps, au financement de la Sécurité sociale, dont le gouvernement souhaite faire dégonfler le déficit en 2027 - à 12,7 milliards, contre 21,8 milliards en 2026. Le budget de la Sécurité sociale prévoit des économies massives mais a lui aussi très peu de chances de trouver une majorité dans l'hémicycle.

Parmi les principales mesures, le gouvernement propose notamment d'y réduire les allègements de cotisations sociales dont bénéficient les entreprises, pour récupérer 3,7 milliards d'euros. Une autre mesure phare, et probablement la plus irritante, concerne la non-indexation sur l'inflation de deux tiers des pensions de retraite, qui permettrait d'économiser jusqu'à 4 milliards d'euros.

La commission des Affaires sociales a rejeté le texte la semaine dernière, après en avoir supprimé de très nombreux articles. L'an dernier, le budget de la Sécu avait pu être adopté avec les voix du Parti socialiste, qui y avait consenti en échange notamment de la suspension de la réforme des retraites. La possibilité d'un scénario similaire cette année semble très peu probable.

Le vote sur la partie "recettes" du budget de la Sécurité sociale pourrait intervenir en fin de semaine et écourter les débats : son rejet vaudrait rejet de tout le texte, qui serait transmis au Sénat sans discuter des "dépenses".