Bruno Retailleau demande au gouvernement de changer la date du second tour de la présidentielle

Bruno Retailleau demande au gouvernement de changer la date du second tour de la présidentielle Le candidat des Républicains relance sa contestation du calendrier électoral, estimant que la proximité du 1er-Mai menace la sérénité du scrutin après les récentes violences.

Bruno Retailleau demande à l’exécutif de changer la date du second tour de la présidentielle, fixée au lendemain du 1er-Mai. Le second tour de l’élection présidentielle est fixé au 2 mai 2027. Cette demande intervient alors que des violences d’une rare ampleur ont frappé le pays le 17 octobre et, dans une moindre mesure, le 18 octobre.

Le sénateur de la Vendée et président des Républicains, également candidat déclaré à la présidentielle, avait déjà exprimé son opposition au calendrier retenu par le gouvernement dès son annonce en juillet. Il estimait alors que la proximité du second tour avec la fête du Travail, où la gauche syndicale et politique a coutume de battre le pavé, risquait de perturber la sérénité du scrutin.

Les violences d’octobre comme nouvel argument

Les récents événements ont renforcé la détermination de Bruno Retailleau. Les scènes de pillage et de casse observées dans plusieurs villes lors des 17 et 18 octobre servent désormais d’argument central à sa contestation. Invité lundi sur BFMTV après les saccages, le candidat des Républicains assume de "remettre en cause" le calendrier du scrutin élyséen. Il juge la date du 2 mai "mauvaise", car de telles "exactions", la veille et jusqu’au matin du vote, pourraient perturber le bon déroulement du scrutin.

"Peu de 1er mai se passent calmement. Il y a toujours une montée en pression et avec parfois des débordements", avait fait valoir l’ex-ministre de l’Intérieur, dénonçant une "stratégie du chaos" de la part du gouvernement. Pour Bruno Retailleau, "vous vous rendez compte ? C’est totalement contraire à l’idée qu’on se fait dans les démocraties des organisations, des votations, notamment des scrutins", a-t-il lancé.

Il estime que "l’expression de la démocratie mérite du calme, mérite de la sérénité" et que les Français, "qui ont vu ce triste spectacle honteux d’une France humiliée, d’une France pillée, saccagée, voient bien le risque qu’il y a à faire une organisation du second tour" dans ces conditions.

Le gouvernement avait fixé l’élection présidentielle aux 18 avril et 2 mai 2027. La seule autre option permise par la Constitution aurait été un scrutin les 11 et 25 avril, qui aurait toutefois empiété sur les vacances scolaires. Bruno Retailleau affirme que "la majorité des partis politiques avaient à cette réunion déconseillé cette date-là".

Dès l’été, il avait dénoncé un choix "pas neutre" et "pas normal sur le plan démocratique", estimant que le gouvernement avait sciemment privilégié une date susceptible de favoriser les tensions. Selon lui, la décision de maintenir le second tour au lendemain du 1er-Mai, malgré les avertissements de plusieurs formations politiques, relèverait d’une volonté de "bordéliser le second tour".

Bruno Retailleau appelle l’exécutif à reconsidérer son choix, estimant qu’"il serait encore temps" de modifier le calendrier pour garantir la sérénité du vote. Le gouvernement, de son côté, n’a pas réagi à cette nouvelle demande.