Jean-Luc Mélenchon promet de perturber la réunion organisée par Sébastien Lecornu
Jean-Luc Mélenchon, candidat à l’élection présidentielle de 2027 et leader de La France insoumise (LFI), a indiqué mardi soir que sa formation se rendrait à la réunion des partis politiques organisée jeudi à Matignon à l’initiative du Premier ministre Sébastien Lecornu, à la suite des violences survenues le week-end précédent. Il a toutefois prévenu que LFI entendait perturber le rendez-vous : "On va y aller, on va te pourrir la réunion", a-t-il affirmé lors d’une conférence devant des sympathisants.
Une réunion sous tension après les violences
Le Premier ministre a fait parvenir mardi une lettre aux différents partis pour expliquer sa démarche, sur fond de tirs croisés entre l’exécutif et La France insoumise, qui se renvoient la responsabilité des scènes de chaos observées ce week-end. Sébastien Lecornu a précisé que "la sécurité de la campagne présidentielle" ferait partie de l'ordre du jour de la réunion.
Plusieurs villes françaises, dont Paris, Lyon, Bordeaux et Nice, ont instauré des couvre-feux à la suite des violences du 17 octobre.
"Nous sommes invités à venir à une réunion très étrange", a ironisé Jean-Luc Mélenchon, avant de faire une lecture elliptique du courrier de Sébastien Lecornu, ponctuée de citations et de commentaires moqueurs. Il a notamment réagi à la phrase du Premier ministre : "La République tient par cette conviction commune qu'aucun désaccord, aucune colère, aucune ambition politique ne peut justifier le recours à la violence", en lançant : "Tu vas nous faire signer un certificat ? C'est ça que tu veux ? Tu crois vraiment qu'on va le faire ? Bien sûr que non !"
Le leader insoumis a également précisé la position de son mouvement sur l’ordre du jour proposé par Matignon : "Nous, on vient pas pour discuter avec lui (...) des risques de l'élection présidentielle. Parce que les risques de l'élection présidentielle, on peut les lui raconter à l'avance : c'est pas les groupuscules de l'ultragauche, c'est monsieur Netanyahou qui pèse sur les élections à Marseille, à Toulouse, à Roubaix et à Paris", a-t-il affirmé.
Ingérences et incertitudes sur la représentation
Lors des élections municipales de 2026, plusieurs candidats LFI avaient été victimes d'opérations d'ingérence en provenance d'une entreprise liée à un ex-membre des renseignements israéliens, selon les autorités françaises.
Jean-Luc Mélenchon n'a pas précisé qui serait présent pour représenter LFI à Matignon jeudi. Au Rassemblement national, Marine Le Pen et Jordan Bardella ont indiqué qu'ils ne s'y rendraient pas et se feraient représenter.