L'Assemblée nationale valide la création d'une commission d'enquête sur les violences du 17 octobre
Le gouvernement a dû s'expliquer ce mardi après-midi devant les députés, trois jours après une mobilisation marquée par de graves violences dans plusieurs villes, notamment à Paris. La séance à l'Assemblée nationale a rapidement tourné à l'affrontement politique, illustrant la tension extrême qui entoure la gestion des manifestations et la question du maintien de l'ordre.
Une mobilisation sous haute tension
Selon les chiffres communiqués, 1 200 interpellations avaient eu lieu le 17 octobre. Le président Emmanuel Macron a réagi sur le réseau X, affirmant : "Aucune place pour la violence dans notre République. Ceux qui ont cassé, attaqué les préfectures comme les commerces, pillé jusqu’à nos mairies, seront poursuivis et punis".
Dans l'hémicycle, de vifs échanges ont opposé les ministres et La France insoumise. Le gouvernement a été sommé de s'expliquer pendant une heure et demie par 17 députés de tous bords sur sa gestion des manifestations et des violences.
Mathilde Panot, cheffe des députés insoumis, a lancé : "Monsieur le Premier ministre, vous êtes dangereux pour la démocratie. Quand il ne vous reste que la répression, c'est le signe qu'il faut partir". Sébastien Lecornu a répliqué : "Votre agenda politique d'installer la violence et le chaos dans le pays est bel et bien là. Vous avez effectivement choisi votre camp. C'est le camp de la honte et nous vous combattrons".
Les critiques ont fusé de toutes parts. Boris Vallaud, socialiste, a déclaré : "Depuis plusieurs semaines et ce week-end, singulièrement, le gouvernement a failli". Eric Ciotti a estimé : "Votre naufrage sécuritaire n'est ni un accident ni un hasard". La députée du Rassemblement national, Laure Lavalette, a interrogé : "Etes-vous en capacité de maintenir l'autorité légale de l'Etat ?" Léa Balage El Mariky, du groupe Ecologiste et Social, a conclu : "C'est ça la responsabilité et c'est ça votre bilan. Alors, démissionnez !"
Les ministres ont annoncé une consultation des syndicats mercredi 21 octobre, des forces politiques jeudi, des organisations de jeunesse la semaine prochaine. Le Premier ministre a précisé : "Mais aussi des premières annonces que nous allons mettre sur la table et dont le Parlement va pouvoir s'emparer".
La séance a également été l’occasion pour les députés insoumis d’interpeller le gouvernement après la parution d’un article de Mediapart, affirmant que des consignes auraient été passées aux services de renseignement pour accuser La France insoumise d’être derrière le mouvement. Manuel Bompard, coordinateur du mouvement de Jean-Luc Mélenchon, a déclaré : "Vous ne vous en sortirez pas en manipulant les services de renseignement comme l'a révélé Mediapart pour accuser La France insoumise de violences qu'elle a toujours refusées". Laurent Nuñez, le ministre de l’Intérieur, a répondu : "C'est faux, Monsieur le député. Les services de renseignement dans ce pays ne travaillent pas sur les partis politiques. C'est faux. Vous le savez très bien".
Les groupes se sont toutefois accordés pour lancer une commission d'enquête, qui devra notamment examiner la préparation et la conduite du maintien de l'ordre. La conférence des présidents de l'Assemblée nationale a validé mardi le principe de sa création, chargée de faire toute la lumière sur les événements du 17 octobre.