« L’IoT m’a tuer »

Depuis quelques années maintenant, l’IoT (Internet of Things) permet de recueillir, de partager, ou encore d’échanger des données. Les applications sectorielles sont nombreuses, mais c’est le domaine de la sécurité qui provoque la surprise en s’investissant de plus en plus sur ce sujet.

Un premier exemple d’affaire judiciaire dans laquelle les objets connectés ont pu aider la justice a eu lieu aux États-Unis, lorsqu’en 2015, Richard Dabate a accusé un homme d’avoir tué son épouse sous ses yeux. Il aurait ajouté, dans son témoignage, que sa femme revenait alors de la salle de sport lorsqu’un individu s’en est pris à eux en entrant par effraction dans leur maison. Pourtant, un élément est venu perturber son récit. La montre que cette femme portait à son poignet a relaté une nouvelle version : l’épouse de Richard Dabate était toujours en activité sportive une heure après avoir été présumée morte par son mari. Le bracelet connecté a ainsi pu contredire le témoignage de Richard Dabate, et à juste titre, puisqu’il était en effet le réel meurtrier de cette affaire.

Détection des coups d’armes à feu, reconnaissance faciale... les innovations intégrant l'IoT peuvent être nombreuses et variées

Afin d’anticiper ce genre de situation, certaines entreprises travaillent au développement de nouveaux outils d’aide à destination des forces de l’ordre. Par exemple, Hitachi Vantara, une division opérationnelle du groupe Hitachi, a conçu une solution intitulée "Public Safety and Security" pour permettre d’accroître l’efficacité des officiers de police dans leur travail. L’entreprise propose de mettre en place des vidéos en temps réel, des détecteurs de tir à l’arme à feu, des solutions de reconnaissance faciale et des lecteurs de plaque d’immatriculation susceptibles de remonter des alertes aux centres de police et d’utiliser l’analyse prédictive. L’outil permettra d’envoyer de façon automatique une notification aux forces de l’ordre.

Au Texas par exemple, la commune d’Austin a mis en place un projet d’observation de la ville en temps réel en installant des appareils photos numériques dans les lieux les plus risqués. Ces équipements permettent d’identifier les criminels et peuvent être utilisés comme preuve dans d’éventuelles poursuites judiciaires.

La société ShotSpotter a quant à elle développé une solution qui permet de détecter les coups d’armes à feu en temps réel. Des capteurs acoustiques sont d’abord positionnés au sein de lieux stratégiques. Ensuite, lorsqu’une arme à feu est utilisée, le capteur détecte le tir, puis un algorithme identifie le son, l’analyse, et enfin envoie les données à un groupe d’experts en acoustique, présents au sein d’un centre de contrôle, pour confirmer ou non l’incident et y ajouter des éléments complémentaires (combien de tireurs sont présents, de quelle nature sont les armes utilisées…). Une alerte est ensuite envoyée à des centres de police, ou directement sur les smartphones des agents pour qu’ils puissent prévoir une intervention sur les lieux.

Quand l'IoT pourrait permettre au grand public de devenir acteur de sa propre sécurité

En complément des solutions développées pour les forces de l’ordre, des sociétés ont choisi de proposer des outils à destination du grand public. Une start-up nommée Gosecure a, par exemple, pris le parti de développer une application d’aide à la sécurité publique. Cette application permet de "lancer une communication de crise" de manière géolocalisée. Les individus d’un lieu téléchargent l’application qui permet de prendre en photo un colis suspect, ou d’indiquer au centre de contrôle relié à l’application qu’il y a un problème sur une zone. Ce dernier pourra superviser les alertes, géolocaliser les demandes, avoir accès aux photos, et à une messagerie instantanée.

En cas de situation de crise au sein d’un immeuble d’une entreprise qui aurait souscrit l’application, le centre de contrôle pourra notifier par SMS ou mail tous les collaborateurs présents dans la zone de danger et leur indiquer d’évacuer les lieux. La limite de ce genre d’application apparaît lorsque l’on se demande si l'identification d’un colis suspect par le grand public ne risque pas de générer un effet de "paranoïa" ou des mouvements de panique.

Ces solutions, aussi innovantes et disruptives soient-elles, devront faire face aux mesures de protection des données toujours plus strictes. Reste à savoir si ces nouvelles mesures limiteront l’utilisation des objets connectés ou si elles favoriseront, au contraire, l’émergence de nouvelles start-up spécialisées.  

« L’IoT m’a tuer »
« L’IoT m’a tuer »

Un premier exemple d’affaire judiciaire dans laquelle les objets connectés ont pu aider la justice a eu lieu aux États-Unis, lorsqu’en 2015, Richard Dabate a accusé un homme d’avoir tué son épouse sous ses yeux. Il aurait ajouté, dans son...