Les constructeurs chinois veulent produire plus d'un million de voitures en Europe d'ici à 2030
SAIC, BYD, Chery, Geely et Leapmotor, les plus grands constructeurs automobiles chinois, multiplient leurs implantations dans des usines européennes. Leur part de marché sur le Vieux Continent, qui a doublé en un an, devrait atteindre 14% en 2029.
Absents du continent il y a encore trois ans, les constructeurs chinois y ont doublé leurs parts de marché en un an, passant de 5% à 10% à la fin juin. Grâce à leurs voitures électriques et hybrides, ils devraient continuer leur progression jusqu’à s’approprier 14% des ventes en Europe en 2029, selon les prévisions du cabinet d’études indépendant Schmidt Automotive Research.
Le cabinet d’études Inovev a calculé que les constructeurs chinois pourraient produire jusqu’à 1,2 million de voitures en Europe d’ici à 2030.
Premières implantations en France et accélération en Europe
A la mi-septembre, des dirigeants du constructeur automobile Dongfeng ont été aperçus sur le site de Stellantis, à Rennes. Les deux groupes accélèrent les négociations d’un partenariat visant à partager l’usine de La Janais pour produire, aux côtés des Citroën, des véhicules de la marque chinoise à partir de 2028. Ce sera la première fois qu’une usine française ouvrira ses portes à un constructeur chinois.
Chez nos voisins, les exemples sont déjà nombreux : la vague déferle sur toute l’Europe, à commencer par l’Espagne, l’Italie et le Royaume-Uni.
Ce mouvement inquiète, alors que les constructeurs européens traversent une crise sans précédent, ébranlant même le pilier de la puissance économique allemande. Bruxelles cherche à favoriser le made in Europe pour préserver les 13 millions d'emplois de l'industrie automobile. Ce sera l'enjeu de la visite du commissaire européen au commerce, Maros Sefcovic, qui se rend à Pékin les 8 et 9 octobre : contenir la poussée des géants chinois.
"Il faudra trouver un équilibre, car l’Europe a aussi besoin des véhicules électriques chinois pour remplir ses objectifs d’émissions de carbone en 2035", remarque Jamel Taganza, cofondateur d’Inovev.