Hylight lève 13 millions d'euros pour industrialiser ses dirigeables drones autonomes
La start-up Hylight offre une alternative aux hélicoptères pour inspecter les lignes électriques, les gazoducs et les voies ferrées. Créée en 2022, cette entreprise française est en passe de réussir le pari d'utiliser des dirigeables drones à hydrogène pour la surveillance des infrastructures critiques. Après plusieurs années de développement, Hylight franchit une nouvelle étape avec une levée de fonds de 13 millions d’euros, destinée à industrialiser et déployer ses appareils à plus grande échelle.
Des premiers succès opérationnels
Ses quatre premiers engins, baptisés "Hylighter", ont déjà réalisé plus de 750 heures de vol et inspecté des milliers de kilomètres de lignes électriques, de voies ferrées et de gazoducs en France et en Europe. Parmi les cinq premiers clients figurent Enedis, NaTran, Téréga, SNCF Réseau et Vinci. "A l’issue de ces vols tests, qui ont permis d’éprouver l’efficacité de notre solution, nous avons signé cinq premiers contrats et avons reçu de nombreuses marques d’intérêt", déclare Martin Bocken, PDG et cofondateur de la jeune pousse au Figaro.
Hylight vient de boucler une deuxième levée de fonds de 13 millions d’euros, auprès de trois fonds d’investissement : le néerlandais Rubio Impact, le français Teampact et l’américain DRW. Ses premiers soutiens, Y Combinator et Ring Capital, ont également participé à l’opération. Les capitaux levés seront utilisés "pour poursuivre nos investissements dans le soft (logiciels et IA) et dans le produit, passer à la production en série à Brétigny-sur-Orge avec une flotte de 15 Hylighter opérationnels dès 2027, recruter une cinquantaine d’ingénieurs spécialisés dans la donnée et l’IA et engager le déploiement commercial en Belgique, aux Pays-Bas et en Allemagne", détaille Martin Bocken au Figaro. Ce dernier ambitionne de déployer plus d’une centaine d’Hylighter en France et en Europe dans les trois ans à venir.
Une technologie au service de la transition écologique
L’Hylighter se présente comme une alternative plus efficace, moins chère et plus vertueuse pour l’environnement. L’appareil mesure 12 mètres de long et 2 mètres de large. Sa portance est assurée par son enveloppe gonflée à l’hélium, un gaz inerte et non inflammable, et il est propulsé par des moteurs électriques à hélices, alimentés par une pile à combustible, elle-même alimentée par de l’hydrogène embarqué sous forme gazeuse dans des cylindres spéciaux. L’engin vole en toute autonomie, une fois sa mission téléchargée, ou est piloté à distance depuis le centre d’opérations. Dans les deux cas, l’humain peut reprendre le contrôle.
L’Hylighter peut voler pendant dix heures de suite sur une distance de 350 kilomètres, à une altitude d’environ 30 mètres et à une vitesse adaptée en fonction de la mission, de quelques kilomètres par heure à 35 kilomètres par heure actuellement – et jusqu’à 50 kilomètres par heure dans sa version améliorée prévue en 2027. Malgré un poids plume de 2 kilogrammes, il peut embarquer jusqu’à 10 kilogrammes de capteurs tels que des caméras, des lidars et des détecteurs de méthane.
La France compte 1 million de kilomètres de lignes électriques, 300 000 kilomètres de pipelines et 50 000 kilomètres de voies ferrées. Les besoins de surveillance des infrastructures critiques augmentent "sous l’effet conjoint du changement climatique, du renforcement des réglementations et des risques de sécurité", explique le PDG. "Depuis plus d’un demi-siècle, ce sont surtout les hélicoptères qui réalisent ces inspections, malgré le coût élevé de l’heure de vol, les émissions de CO2, les nuisances sonores, le manque d’autonomie et les risques. Il y a eu deux accidents sur le réseau d’Enedis en 2026", relève Martin Bocken.
L’Hylighter peut être lancé par une seule personne et se transporte dans une semi-remorque. "Les données sont collectées en temps réel et transmises par liaisons chiffrées à notre centre de contrôle. Si nos télépilotes détectent une urgence, nos clients sont immédiatement notifiés. Le reste des données est traité par nos équipes et des rapports leur sont remis", précise Martin Bocken.
Grâce à cette levée de fonds, Hylight entend accélérer la production en série de ses dirigeables drones et renforcer ses équipes, notamment dans le domaine de l’intelligence artificielle et de la gestion de données.