Former les ingénieurs aux avancées de la simulation et de l'IA : un impératif stratégique

Ansys, entité de Synopsys

L'IA et la simulation évoluent plus vite que les compétences des ingénieurs. Intégrer l'apprentissage directement dans le travail, via des copilotes IA, devient un enjeu clé de compétitivité.

L’intelligence artificielle et la simulation transforment l’ingénierie à un rythme que les équipes peinent à suivre. De l’automobile à l’aéronautique en passant par l’énergie, les secteurs fondés sur l’expertise technique se heurtent à une même question : comment permettre à des milliers de collaborateurs d’acquérir rapidement, efficacement et durablement de nouvelles compétences ?

En France, les pouvoirs publics commencent à prendre la mesure de l’enjeu. Le gouvernement a lancé plusieurs initiatives pour soutenir la montée en compétences numériques et IA, via France Num notamment. Ces programmes visent à former un grand nombre de salariés et à réduire le déficit de connaissances qui pourrait freiner la compétitivité de nos industries. Sans un investissement dans le renforcement des talents, les entreprises françaises risquent de se retrouver à la traîne face à la concurrence internationale.

Les limites du modèle de formation traditionnel

Les méthodes de formation classiques ne suffisent plus. Les stages longs ou les certifications ponctuelles peinent à suivre le rythme... Les ingénieurs ne peuvent plus se permettre de mettre en pause leurs projets pendant plusieurs jours pour se former, et lorsqu'un nouveau programme arrive enfin, son contenu est déjà souvent obsolète.

Selon le Forum économique mondial, la durée de vie d’une compétence n’est plus que de quatre ans en moyenne, et de deux ans seulement dans les domaines numériques comme l’IA. En pratique, les connaissances expirent plus vite que les entreprises ne peuvent les renouveler.

Dans les secteurs de l’ingénierie, où la marge d’erreur est faible et les exigences réglementaires élevées, la pénurie de compétences devient un véritable goulot d’étranglement, freinant l'innovation et la compétitivité.

Apprendre dans le flux de travail

Pour rattraper ce décalage, il faut changer d’approche. La question n’est plus seulement de former davantage, mais plutôt de former différemment. La réponse tient dans une idée simple : faire de l’apprentissage une partie intégrante du travail, plutôt qu’un à côté.

C’est précisément ce que permettent les copilotes IA et des workflows intégrant des agents intelligents. Les ingénieurs posent des questions en langage naturel et obtiennent des réponses immédiates, contextualisées, sans ralentir leur cadence.

Ces outils donnent également accès à des ressources fiables (articles techniques, forums d’experts, modules e-learning) et permettent un apprentissage progressif en temps réel, sans interrompre l’avancement des projets. L’apprentissage cesse d’être une parenthèse pour devenir un moteur de productivité.

Démocratiser l’IA et la simulation entre générations

Le défi des compétences n’est pas seulement quantitatif : il est aussi générationnel. Les ingénieurs seniors maîtrisent la simulation depuis des décennies, mais sont parfois moins à l’aise avec l’IA. Les plus jeunes, eux, sont naturellement familiarisés avec le numérique, mais peuvent manquer de profondeur métier pour comprendre la complexité des modèles physiques.

Les copilotes intégrés permettent de réduire ce décalage. Les ingénieurs les plus expérimentés se forment progressivement à l’IA sans renoncer à leurs méthodes. Les autres apprennent plus rapidement les bonnes pratiques de simulation dans des interfaces plus intuitives. Résultat : un partage de connaissances croisé et une montée en compétence plus inclusive.

L’IA, fil conducteur de l’ingénierie

L’IA n’est pas un outil unique, mais une véritable boîte à outils mobilisable à chaque étape du processus d’ingénierie. En phase de conception, elle accélère l’exploration de pistes en générant et évaluant rapidement de multiples options. Lors de la simulation, les modèles d’apprentissage automatique complètent les solveurs physiques, réduisent les temps de calcul et permettent d’explorer des jeux de données plus vastes. Au quotidien, les copilotes guident les ingénieurs dans la documentation, l’intégration des nouveaux collaborateurs ou la résolution de problèmes, grâce à des instructions claires et adaptées.

Ces usages créent une expérience plus fluide et cohérente, raccourcissent le chemin entre concept et validation, tout en faisant de l’apprentissage un fil rouge.

Pourquoi les dirigeants doivent agir maintenant

La pénurie de compétences figure désormais parmi les principaux freins à l’innovation identifiés par les dirigeants industriels, selon une enquête du Forum économique mondial. Dans les entreprises d’ingénierie, ce manque se traduit directement par des retards, des opportunités manquées et un risque accru de compétitivité. C’est un risque stratégique, au même titre que la cybersécurité ou la dépendance énergétique.

Une enquête de février 2025 réalisée en France par APEC et OPCO 2i, insiste sur le besoin urgent de formation à l’IA pour les cadres de l’industrie. Elle montre que si les offres d’emploi mentionnant l’IA restent encore marginales (3 %), l’évolution des technologies rend nécessaire un renouveau des compétences pour accompagner les transformations industrielles à venir.

Les entreprises qui cantonnent la formation à un rôle périphérique, rattaché aux RH ou limité à quelques opérations ponctuelles, resteront à la traîne. Celles qui en font un élément structurant du workflow, soutenues par des outils d’IA, gagneront en agilité et en compétitivité.

Réinventer l’ingénierie

L’ingénierie a toujours été un art du problème. Aujourd’hui, le principal défi n’est plus seulement de maîtriser de nouveaux outils, mais de réinventer la manière dont les ingénieurs apprennent.

Les copilotes et les assistants de simulation fondés sur l’IA ouvrent la voie. Ils transforment la formation en un moteur de progrès permanent. Ils dessinent un futur dans lequel les compétences ne s’acquièrent plus en marge du travail, mais au cœur du flux quotidien.  Pour répondre aux exigences de demain, l’ingénierie doit se réinventer, dans ses outils, certes, mais surtout dans la façon dont ses talents acquièrent, partagent et appliquent leur savoir.