Xiaoguang Zhang (CEO de Westwood Robotics) "Les robots doivent devenir les coéquipiers des humains"

Présente au Mobile World Congress sur le stand de Dassault Systèmes, la start-up américaine Westwood Robotics développe un robot humanoïde destiné aux environnements industriels et aux tâches dangereuses.

Basée à Los Angeles, l’entreprise s’appuie sur la plateforme 3DEXPERIENCE de Dassault Systèmes pour concevoir et simuler ses robots. Son fondateur et CEO, Xiaoguang Zhang, revient sur la stratégie de l’entreprise, sur les premiers déploiements de son robot Themis et sur sa vision du marché en plein essor des humanoïdes.

JDN. En quoi consiste votre partenariat avec Dassault Systèmes ?

Xiaoguang Zhang est le CEO de Westwood Robotics © Mattis Meichler

Xiaoguang Zhang. Nous sommes à la fois partenaires et clients de Dassault Systèmes. Concrètement, nous utilisons leurs logiciels pour développer nos robots. Nous concevons nous-mêmes l’ensemble du robot, à la fois le hardware et le software. Et nous nous appuyons sur les outils de Dassault pour la conception et la simulation (les logiciels SOLIDWORKS pour la conception mécanique et la plateforme 3DEXPERIENCE pour la collaboration et la simulation, permettant notamment de créer un jumeau virtuel du robot, ndlr).

La conception consiste à modéliser les différentes pièces du robot et leurs interactions. La simulation permet ensuite de tester virtuellement la structure mécanique, d’analyser certains comportements dynamiques et d’optimiser le design avant de construire les prototypes physiques.

Pouvez-vous présenter votre robot ?

Notre robot humanoïde s’appelle THEMIS. Il mesure 1,60 m, pèse 36 kg et peut porter jusqu’à 15 kg. THEMIS est le premier robot humanoïde équipé d’un système de batterie interchangeable à chaud. Cela signifie que nous pouvons remplacer la batterie en quelques secondes sans interrompre le fonctionnement du robot, ce qui lui permet de fonctionner 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.

Il s’agit également du premier robot capable de manipuler des objets tout en se déplaçant, ce qui est environ huit fois plus rapide que les approches traditionnelles de manipulation robotique.

Combien coûte-t-il ?

Aujourd’hui, THEMIS coûte environ 40 000 dollars, ce que nous considérons comme un prix très abordable. Notre objectif est que les robots deviennent des coéquipiers des humains, capables de prendre en charge les tâches répétitives, physiquement exigeantes ou dangereuses, afin que les personnes puissent se concentrer sur les activités qui nécessitent réellement de l’intelligence humaine.

Quand ce projet a-t-il commencé et où en êtes-vous aujourd’hui ?

Nous avons lancé le projet en 2023 et nous sommes actuellement en production en petites séries. Plusieurs clients testent déjà nos robots dans le cadre de proofs of concept (POC), et certains projets sont proches de leur finalisation. Pour l’instant, nos robots sont principalement utilisés pour la manipulation de matériaux dangereux et pour des applications logistiques.

Vos clients sont-ils uniquement des entreprises industrielles ?

Oui. Nous ne souhaitons pas que nos robots soient utilisés dans le domaine de l’armement. Nous pensons que les robots ne doivent pas être militarisés, et nous ne les fournirons donc ni à l’armée ni à la police. À l’avenir, certaines applications comme l’inspection d’environnements dangereux après des catastrophes chimiques pourraient être pertinentes. Mais aujourd’hui, notre priorité reste la logistique et la manipulation de matériaux dangereux.

Comment vous positionnez-vous sur le marché des robots humanoïdes ?

Nous pensons que le marché est immense, car de nombreuses tâches pourraient bénéficier de robots humanoïdes. Ce qui nous différencie de certains concurrents, c’est que nous considérons avant tout notre machine comme un robot, et non comme une simple réplique d’être humain. Nous nous concentrons sur les capacités robotiques et la productivité, afin de créer un outil réellement utile pour les applications industrielles et les opérations quotidiennes.

Pourquoi choisir un robot humanoïde plutôt qu’un autre type de robot ?

Même aujourd’hui, beaucoup de tâches ne sont pas automatisées. Les environnements de travail comportent souvent des escaliers, des terrains irréguliers ou des espaces étroits, difficiles à gérer avec des systèmes d’automatisation traditionnels. Par ailleurs, certaines tâches changent fréquemment. Dans ces situations, construire une ligne d’automatisation dédiée n’est pas toujours pertinent. Les robots humanoïdes peuvent évoluer dans des environnements conçus pour les humains et s’adapter à différents types de tâches.

Quels sont les principaux défis technologiques ?

Ils sont nombreux. Comme nous développons l’ensemble du hardware et du software en interne, chaque composant doit être optimisé. La conception des systèmes d’actionnement est particulièrement complexe, tout comme l’intégration de l’ensemble au niveau du système. Le robot doit être stable, fiable et totalement sûr. Nous visons un taux de réussite supérieur à 99%, ce qui rend le processus d’ingénierie particulièrement exigeant.