Commerce agentique : l'IA choisit, mais ne paie pas (encore)
L’IA conseille, compare, rassure. Mais elle ne paie pas encore. Si le paiement agentique représente encore une infime minorité de transactions, la trajectoire est donnée. Ce sont les principaux enseignements de l’étude Fevad / KPMG publiée en septembre 2026. Dans un business à 196 milliards d’euros (2025), le e-commerce doit clairement se réformer plus rapidement pour suivre les nouvelles habitudes des acheteurs.
Une IA de conseil avant tout
En France, le e-commerce reste porté par une croissance de 7% en 2025, avec un panier moyen de 62 euros. Les chiffres de l’étude Fevad / KPMG sont clairs : les consommateurs ont déjà pris le pli de l’IA générative. 31% des cyberacheteurs l’utilisent déjà pour leurs achats en ligne et 73% des utilisateurs réguliers d’IA y ont recours dans leur parcours d’achat. Parmi les cyberacheteurs français qui refusent encore l’utilisation de l’IA générative pour leurs achats, 57% justifient leur choix par des craintes sur la neutralité commerciale de l’IA.
Plus intéressant encore, l’étude détaille les usages de l’IA générative à chaque étape de l’achat. Chez les utilisateurs d’IA dans le processus d’achat en ligne, 58% l’utilisent avant l’achat, pour du conseil simple et du comparatif de produits, avec une confiance relative de 47%. Pendant l’achat, ils ne sont que 27% à l’utiliser. On retrouve là les clients qui s’interrogent sur les délais de livraison ou sur leur panier, et pas seulement ceux qui utilisent l’agent comme moyen de paiement à part entière. Une étape où la confiance est de seulement 30% dans l’IA. Enfin, pour la phase post-achat, ils sont 35% à l’utiliser pour une confiance modérée de 43% : pour des questions de service client, de SAV ou d’utilisation.
Sur le seul paiement agentique, l’étude ne chiffre pas la part de transactions réellement passées par des agents. La faute à des services encore majoritairement indisponibles en Europe. Outre-Atlantique, où le paiement agentique est progressivement déployé, Bernstein estime que le commerce agentique pèse moins de 1% de l’activité e-commerce. La confiance reste le principal frein : selon un sondage Visa cité par le broker, seuls 23% des consommateurs font confiance à un agent pour payer à leur place.
Un Français sur deux adoptera le commerce agentique d’ici à 2030
Si le commerce agentique en est encore à ses balbutiements, notamment parce que les plateformes restent prudentes vis-à-vis du marché européen, la Fevad prévoit que son usage explosera dans les prochaines années. Selon son délégué général, Marc Lolivier, près d’un Français sur deux pourrait avoir recours au commerce agentique d’ici 2030. Pour accélérer et répondre à cette future demande, l’étude recommande aux e-commerçants de sortir du cadre expérimental et de passer sérieusement à l’industrialisation. Elle préconise de cartographier l’exposition sur les principaux agents d’IA, de mesurer les parcours et les risques potentiels pendant trois mois, puis de passer à l’industrialisation sélective via des catalogues enrichis, sur les 6 à 12 prochains mois.
Il faudra ensuite, en production, suivre huit indicateurs clés de performance (KPI) qui décideront du succès ou non de la stratégie de commerce agentique : la part du trafic agentique / IA générative, la visibilité des produits auprès des agents, les conversions assistées ou non assistées, le coût par contact automatisé, le taux de reprise humaine, le taux d’erreur agentique, le taux d’incidents de sécurité et/ou de conformité remontés et enfin, comme toujours, la satisfaction et la confiance client.