On a testé Bob, l'agent de code d'IBM, et on a été surpris

On a testé Bob, l'agent de code d'IBM, et on a été surpris Le nouvel assistant de développement du géant américain route chaque tâche vers le modèle le plus adapté et se facture en Bobcoins. De quoi séduire les entreprises qui veulent une maîtrise plus fine de leurs coûts.

Qui a dit qu’IBM avait abandonné la course à l’IA ? Le pionnier américain de l’informatique a pris avec retard la vague de l’IA générative, mais propose aujourd’hui une offre capable de séduire les entreprises legacy. Après avoir lancé Granite, des modèles open source, efficients et spécialisés pour l’entreprise, l’éditeur a lancé commercialement en avril dernier Bob, son agent d’IA. Plutôt que d’affronter Claude Code et Codex de front, Bob se positionne sur le créneau de l’entreprise. L’agent est nativement multi-LLM, ce qui lui permet de gérer finement son usage. Une conception qui aide à mieux appréhender les coûts du développement agentique sans renoncer aux principales fonctionnalités qui font un bon agent.

Un agent de code plus intelligent ?

Les agents de code les plus utilisés sur le marché (Claude Code, Codex) se dotent chaque semaine de nouvelles fonctionnalités plus intelligentes et autonomes les unes que les autres. Pourtant, le principe même du harness manque cruellement d’intelligence. Que vous demandiez à votre agent de code d’éditer un fichier rapidement ou de refactoriser un code complexe, l’agent utilisera par défaut un seul modèle, sauf configuration manuelle. Les équipes d’IBM ont conçu Bob comme nativement multi-LLM pour éviter cet écueil. Chaque prompt de l’utilisateur est routé vers le modèle le plus adapté. Bob utilise notamment les modèles d’Anthropic (Claude), de Mistral, d’IBM (Granite) et des modèles fine-tunés spécifiquement pour certaines tâches (sécurité, refactoring, migration Java…).

Cette intelligence permet d’économiser sur la facture finale. "Quand vous utilisez un seul modèle pour faire tout votre software development lifecycle, vous basez tout sur la consommation de ce modèle. Tout ce qui concerne la planification, l’architecture, la sécurité, la vérification, les garde-fous, tout cela n’a pas besoin d’aller sur un très grand modèle de langage. Le coût est donc divisé drastiquement par rapport aux autres agents de code", nous explique Xavier Vasques, vice-président et directeur technique d’IBM Technology et R&D en France. Autre force de ce modèle, IBM est capable de proposer des déploiements de Bob on-premise ou dans un cloud souverain. Un critère qui compte de plus en plus pour les entreprises legacy européennes.

Sur le papier, Bob n’a pas grand-chose à envier à Claude Code ou Codex. Skills, MCP, AGENTS.md, mode plan… L’agent d’IBM conserve les principales fonctionnalités d’un bon agent de code. Il manque toutefois à Bob les dernières nouveautés et l’autonomie des harness d’OpenAI et d’Anthropic, comme la commande /goal.

Un tarif basé sur les Bobcoins

IBM facture Bob en utilisant des Bobcoins. Chaque action effectuée par l’agent consomme une somme donnée de Bobcoins, en fonction du compute mobilisé par les modèles. Trois plans sont proposés, de 20 à 200 dollars par mois. Contrairement aux concurrents, aucun quota quotidien ou hebdomadaire : une fois vos Bobcoins consommés, le rechargement est tarifé 0,50 dollar à l’unité.

  Bobcoins Prix
Pro 50 / mois 20 $ / mois
Pro+ 180 / mois 60 $ / mois
Ultra 1 000 / mois 200 $ / mois

IBM propose également un supplément de 20 dollars par mois pour disposer d’une version personnalisée de Bob adaptée à la modernisation des applications Java (mise à niveau vers Java 25 possible). Pour travailler avec un harness adapté à IBM i (son OS spécialisé serveur), IBM demande 40 dollars mensuels.

Plus rapide et plus sobre que Claude Code

L’installation de Bob (CLI) est très simple, elle tient en une seule ligne, à coller dans son terminal.

Sous Mac / Linux :

curl -fsSL https://bob.ibm.com/download/bobshell.sh | bash

Sous Windows :

powershell -c "irm -Uri https://bob.ibm.com/download/bobshell.ps1 | iex"

Une fois Bob installé, l’interface est similaire à Claude Code ou Codex. L’usage est également très proche. Nous testons Bob sur un cas d’usage à la fois simple et très visuel : créer une landing page. Cela nous permet de juger du résultat final et de calculer le nombre de Bobcoins nécessaires pour sa réalisation (et tenter de le comparer à Claude Code par exemple).

Prompt :

Crée une boutique en ligne mono-page pour une marque fictive de café de spécialité, "Ambre Roasters". Six cafés au catalogue, avec filtre et tri. Ajout au panier, panier consultable avec modification des quantités, sous-total, TVA et total TTC, puis un écran de confirmation de commande. Le panier doit survivre à un rafraîchissement de la page. Le site doit être responsive et avoir une identité visuelle soignée et cohérente avec une marque de café haut de gamme.

Bob livre son travail en moins de deux minutes quand, sur le même test, Claude Code (Opus 5 raisonnement high) prend environ 15 minutes. Sur la consommation brute, Bob aura consommé environ 32 000 tokens, soit 0,5 Bobcoin pour réaliser cette tâche (environ 20 centimes de dollar au tarif du plan Pro). De son côté, Claude Code, qui multiplie les repasses sur le code pour affiner chaque détail, livre le produit en utilisant 130 000 tokens.

Catalogue Ambre Roasters générée par Claude Code
Catalogue Ambre Roasters générée par IBM Bob
IBM Bob Claude Code

Visuellement, l’UI proposée par Claude Code est plus détaillée et léchée. Celle de Bob est tout aussi utilisable, voire plus fonctionnelle. Etait-ce la peine d’utiliser 100 000 tokens de plus pour ce résultat ? Tout dépend du niveau de finition attendu. Bob gagne toutefois sur la sobriété. Par ailleurs, IBM Bob a-t-il utilisé Claude ou un modèle moins puissant pour cette tâche ? Impossible de le savoir.

Autre cas d’usage, prenons une situation bien plus fréquente : un développeur qui doit corriger un bug dans une base de code existante. Nous sommes partis de python-slugify et avons confié la même consigne aux deux agents : diagnostiquer et corriger une issue GitHub (l’issue 175). Résultat ? Les deux agents ont corrigé le bug et livré des tests réussis. Bob produit un patch plus court quand Claude ajoute davantage de tests. Logiquement, Claude Code génère 3 583 tokens en sortie contre seulement 1 673 pour Bob. L’outil d’IBM prend donc l’avantage : il corrige le même bug en consommant deux fois moins.

Un atout majeur : la prévisibilité

Avec Bob, IBM reste dans son ADN historique : les entreprises legacy. Ces dernières ont toujours eu des directions achats plus conservatrices que la moyenne. Or IBM Bob répond parfaitement à l’enjeu du moment pour ces grands groupes : comment assurer des coûts prévisibles sur un agent de code. Claude Code et Codex proposent aussi des abonnements fixes, mais leurs quotas s’expriment en fenêtres de temps, difficiles à traduire en budget. Bob, lui, compte en Bobcoins : une unité que les achats peuvent prévoir à l’avance. La recharge d’un nombre connu de coins facturés 0,50 dollar l’unité permet également de mieux prévoir les éventuels dépassements. Enfin, dans nos deux tests, Bob consomme moins de tokens pour un résultat plus que correct.

On regrette toutefois qu’IBM ne communique pas dans Bob le ou les modèles utilisés. Par ailleurs, la prévisibilité, si elle progresse, n’est pas encore totale. Les Bobcoins sont consommés en fonction de la demande nécessaire aux modèles moteurs, notamment le compute utilisé.