C'est un vieux projet du géant américain. Dès 2009, Google lançait "Latitude", un service qui permettait d'afficher sa position à ses contacts. Mars 2017 : l'entreprise déploie une fonctionnalité dernier cri : le partage de position en temps réel. Pratique au quotidien, l'outil soulève aussi des questions de confidentialité. Encore faut-il comprendre ce qu'il permet réellement.

Le principe : partager sa position avec une ou plusieurs personnes choisies pour une durée limitée ou non. Le partage peut fonctionner en arrière-plan, même lorsque Google Maps n'est pas ouvert. Assez utile pour localiser un membre de sa famille ou même retrouver le téléphone d'un proche. Grâce à un partage activé au préalable, l'auteur de ces lignes a pu retrouver le téléphone volé d'un proche. 

Pour activer cette fonctionnalité, ouvrez Google Maps, cliquez sur votre photo de profil, puis sur "Partage de position". Sélectionnez un destinataire et choisissez la durée. Attention, vous pouvez choisir de ne s'arrêter au partage que lors d'une désactivation manuelle. Une fois cette option activée, le partage n'a pas de date d'expiration : il peut rester actif des mois, voire des années. Cette même rubrique liste les contacts qui disposent déjà de votre localisation. Il suffit d'en sélectionner un, puis d'appuyer sur "Arrêter", pour révoquer l'accès. Une fonctionnalité pratique donc mais voilà, elle peut aussi la rendre intrusive.

En plus de la position récente de l'appareil, la personne connectée peut connaître le niveau de batterie du téléphone et, parfois, le mode de déplacement (marche, voiture…). En juillet 2019, le magazine américain Wired a publié une enquête sur le sujet. Son journaliste, Andy Greenberg, a demandé à son épouse de configurer des applications de partage de position sur son téléphone, pour imiter le cas d'un proche ayant momentanément accès à l'appareil. 

L'expérimentation était consentie. Avec Google Maps, elle a pu suivre son trajet à vélo et en déduire sa destination. Lui n'a eu aucune alerte durant la journée. Il n'a découvert le réglage qu'en examinant l'application. Un proche ayant accès au téléphone pouvait donc activer le partage sans que son propriétaire s'en aperçoive immédiatement. Pour éviter que ces situations ne se reproduisent, Google envoie des mails de rappel, impossibles à désactiver, dès 24 heures après le début du partage. L'entreprise disait avoir consulté une association spécialisée dans les violences conjugales pour concevoir ces protections.